Faute d'application, selon elles, de la circulaire du 29 août, les associations de soutien aux familles Roms avaient menacé de quitter la table ronde organisée par la préfecture sur le sort de ces familles. Elles y sont finalement venues ce mardi pour entendre le préfet de région Hugues Parant détailler le plan d'application de la circulaire rédigée par la ministre déléguée à l'exclusion Marie-Arlette Carlotti. Celui-ci, s'il instaure notamment le suivi des familles sur les campements, n'a pas vraiment convaincu élus et associatifs.
Pour le préfet, le système est assez simple. En résumé, les Roms sont dans une situation où ils peuvent être expulsés (moins de 48 heures après leur installation ou une décision de justice), l'État applique la loi et procède aux évacuations. En cas de décision de justice, cette expulsion intervient au bout d'un certain temps. Dans l'intervalle, un suivi notamment sanitaire se met en place et, si le terrain peut accueillir du public, l'accès à l'eau, à l'électricité (etc.) est garanti. Une fois expulsés, ils sont renvoyés dans leur pays d'origine (Roumanie, Bulgarie...), pour la grande majorité, une partie "intégrable" - le terme est du préfet - ayant vocation à être logée par les collectivités territoriales et à obtenir un titre de séjour.
Les collectivités territoriales sceptiques
"Mon espoir, c'est que chacun prenne huit à dix familles, pour avoir une quarantaine de familles au total en expérimentation", a déclaré Hugues Parant à l'AFP visant particulièrement la communauté urbaine de Marseille et le conseil général mais aussi les communes dont la Ville de Marseille. Mais cette annonce du préfet se fait sans aides financières ou logistiques de l'État. Du coup, ce renvoi de patate chaude n'est pas particulièrement du goût des destinataires.
Le conseiller général en charge du suivi de ce dossier, Michel Amiel, ferme déjà la porte au préfet : "Nous n'avons pas vocation à loger les gens". Le CG dispose pourtant via Treize habitat d'un gros parc de logement. "Nous, notre rôle, c'est essentiellement la protection maternelle et infantile. C'est à ce moment-là que l'on peut intervenir", rétorque l'envoyé du bateau bleu. Même son de cloche pour Michel Bourgat, l'adjoint au maire de Marseille : "On nous a chargés la barque. On n'arrive déjà pas à gérer la phase 2, c'est-à-dire trouver des squats sanitisables (sic), et on nous demande déjà de démarrer la phase 3 ! [...] Mais il ne faut pas blâmer le préfet Parant on lui demande de résoudre la quadrature du cercle."
"Pas certain que ça change les choses"
"Je vois mal comment une collectivité pourrait s'engager sans aides", confirme le président de Rencontres tsiganes Jean-Paul Kopp. À ce jour, deux initiatives de ce genre existent : l'une est menée par la préfecture dans des appartements, l'autre est menée par la région en partenariat avec l'Ampil sur l'espace solidaire d'hébergement de Plombières où un hangar a été aménagé avec des mobile-homes. Problème dans ce dernier cas : ce qui ne devait être qu'une passerelle de 6 mois perdure. Les familles ont du mal à obtenir des titres de séjour, peinent souvent à trouver du travail et, par conséquent, ne s'insèrent pas dans l'habitat diffus et restent sur place.
Cette expérience couplée à la dépense représentée et à l'hostilité, toujours présente, des habitants d'un territoire à l'arrivée de Roms n'incitent pas vraiment les élus à s'engager. "Je ne suis pas certain que, dans la vraie vie, ce qui a été dit aujourd'hui change beaucoup de choses", conclut Michel Amiel.
L'interrogation demeure donc sur le sort des Roms qui seront nombreux à être expulsés dans les jours qui viennent. Après des jours d'errance, les familles délogées de Château-Gombert se sont vues proposer un terrain par le maire de Gardanne. "Une action de solidarité", a expliqué Roger Meï lors de la table ronde, mais qui pourrait se retourner contre lui. Tous les acteurs craignent en effet que de nombreuses familles supplémentaires s'installent sur l'accueillante commune. La situation pourrait alors devenir "intenable", souligne Jean-Paul Kopp. Conseil de Parant : si un jour, vous n'en voulez plus, il faudra faire un référé. C'est bien le seul coup de main qu'accordera l'État à Meï.
Vos commentaires
4 commentaires
sur "Roms : le plan sans argent du préfet Hugues Parant"
Anonyme, 11 avril 2013 à 11:36 min
Monsieur Furhmann, que est le sens caché de votre question.
Vous allez brandir le bras de la justice, pour faire rendre gorge aux journalistes, qui ne respectent pas le droit à l'image.
Pourtant quelle ingratitude.
Marsactu vous ouvre une tribune permanente,et finalement sert votre cause, c'est très bien.
Un peu de reconnaissance ne vous fera pas de mal.Sachez que tout le monde ne partage pas ce point de vue.
Marsactu c'est formidable,mais tout le monde ne peut pas penser la même chose, sinon il n'y a plus de pensée.
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Anonyme, 11 avril 2013 à 09:07 min
François Furhmann,c'est qui est sûr, c'est que ta connerie n'est pas mineure.
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François FUHRMANN, 10 avril 2013 à 23:24 min
Madame Griffe, journaliste et photographe : L'enfant que vous avez photographiée est mineure, pensez-vous qu'il soit normale qu'elle apparaisse clairement dans votre reportage ?
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Alain Le Lougarou, 19 septembre 2012 à 09:25 min
Demander de donner des HLM à des nouveaux arrivants alors que plus de 30000 marseillais ont déposé des dossiers depuis des années sans obtenir satisfaction est anormal . Il faut que les pouvoirs publics comprennent que la population marseillaise est choquée par ce projet.
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voxrromorum, 18 septembre 2012 à 23:29 min
Si, M. Parant paiera de l'argent de nos impôts pour les charters, mais pas pour aider les collectivités à loger, alors que les renvoyés par charters reviennent et que ça coûte moins cher de les loger que de les "renvoyer".
Puis, M. Parant s'entend-il parler? Il va expulser tout le monde, sauf "une quarantaine de familles au total en expérimentation" ? Quelle expérimentation, si ce n'est pas indiscret? Il faut que les Rroms disparaissent du département, sauf quelques familles "en expérimentation". C'est une idée vieille de quelques décennies, mais je croyais qu'au moins elle ne s'exprimait plus officiellement.
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