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Société

Roms à Marseille : portes ouvertes, portes fermées

Audience (presque) habituelle ce mercredi avec une demande d'expulsion d'une famille Rom installée dans le 14e arrondissement. Solution d'accueil plus rare proposée dans le même temps par l’archevêché, non sans réactions de rejet.

Esther Griffe

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Expulsion sous 24h avec le concours de la force publique, sous astreinte de 500€ par jour de retard. C'est la demande formulée en référé (autrement dit en urgence) devant le tribunal administratif par la mairie de Marseille à l'encontre d'une famille installée avenue Arnavon (14e arrondissement).

"Est-il besoin de dire que l'action engagé est sans lien avec la nationalité des occupants", a assuré d'emblée le représentant de la Ville. Avant de se lancer dans un développement sur les différents niveaux de responsabilité, entre le gouvernement roumain et "le sort qu'il fait à la minorité Rom", l'Union européenne qui "pourrait aider les autorités roumaines à se préoccuper de cette question", l'Etat dont "la politique à l'égard des étrangers relève".

Tout ça pour dire "qu'au bout de cette chaîne se trouvent les communes [qui] n'ont pas la compétence pour régler le problème des migrations. Mais elles héritent de la situation". Bref, "la solution ne dépend pas de la Ville, mais elle n'est certainement pas de laisser s'installer et se développer un bidonville".

Membre de Rencontres Tsiganes, Caroline Godard a une tout autre analyse.

Pour l'avocat de la famille, maître Cohen, qui a rappelé qu'elle comptait deux femmes enceintes et des enfants,

Il est assez scandaleux que l'on demande l'expulsion de gens qui sont déjà dehors. On n'est pas dans un immeuble de ville, mais un jardin en contrebas d'une voie rapide !

On ne saurait mieux résumer l'impasse de ce type de mesures...

Le conseil d'Etat dans la balance

Pour tenter d'inverser le cours des jugements prononcés depuis des mois, Me Cohen s'est principalement appuyé sur une récente décision du conseil d'Etat : "Il appartient aux autorités de l'Etat de mettre en œuvre le droit à l'hébergement d'urgence reconnu par la loi à toute personne sans abri qui se trouve en situation de détresse médicale, psychique et sociale".

Traduction pour lui : "le premier devoir n'est pas de demander l'expulsion parce qu'ils ne sont pas là où ils devraient être, mais de porter secours". Ce qui vaut a fortiori selon lui pour la mairie. Le conseil d'Etat "n'a nullement reconnu le droit à établir un bidonville et s'y maintenir", a maintenu le représentant de cette dernière.

Bonne volonté, vraiment ?

Concernant la proposition ou non d'un relogement en bonne et due forme par la mairie, deuxième coeur du débat ce mercredi, on laissera le tribunal, qui a mis sa décision en délibéré, juger. Mais on notera que la politique d'accueil du Samu Social municipal n'est pas des plus claires : "On n'a pas ciblé les gens, mais on a dit "si vous voulez partir (dans leur pays d'origine, ndlr) on vous loge, sinon cela va être compliqué", nous avait répondu son directeur René Giancarli la semaine dernière.

Par Julien Vinzent, le 22 février 2012

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Vos commentaires

2 commentaires
sur "Roms à Marseille : portes ouvertes, portes fermées"

sylver 2, 23 février 2012 à 11:19 min

l europe verse des millions d euro a la roumanie,la bulgarie et autre.ne devriont nous pas regler le probleme en amont ....

sylver 2, 23 février 2012 à 11:19 min

l europe verse des millions d euro a la roumanie,la bulgarie et autre.ne devriont nous pas regler le probleme en amont ....

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