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Société

Petites gares : les invisibles des transports marseillais

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Jeu-concours pour l’été : combien de gares et haltes y a-t-il à Marseille et pouvez-vous citer leurs noms ? Hormis St Charles et peut-être la Blancarde, vous séchez ? Réponse : 11. Avec, outre les deux plus connues, Picon-Busserine – Ste Marthe – St Joseph Le Castellas – Saint Antoine (sur la ligne Aix-Marseille), St Louis Les Aygalades – Séon St-Henry – L’Estaque (le train de la côte Bleue) ainsi que La Pomme et St Marcel (en allant vers Toulon).

« Le métro des quartiers Nord »

Ce lundi, Jean-Yves Petit, vice-président aux Transports du conseil régional, qui supervise les TER, a pris le train à Saint-Charles à 10h44 pour Saint-Antoine. Histoire tout d’abord de faire la preuve par l’exemple qu’on pouvait relier les deux points en 16 minutes. « Le métro ne sera pas là demain, et tant qu’il n’y a pas de tramway, cet axe-là peut être le métro des quartiers Nord », affirme le patron de la RTM et conseiller de la communanuté urbaine Karim Zeribi, arrivé sur le quai quelques minutes plus tard.

Un quai qui « devrait être bondé », s’exclame-t-il. Le discours des deux élus Europe Ecologie-Les Verts – qui en ont profité pour revenir sur les réductions tarifaires récemment votées par leurs collectivités respectives (conseil régional et Marseille Provence Métropole) – s’est concentré sur les haltes de la ligne Aix-Marseille, rouverte fin 2008 après des travaux de modernisation. Pour eux, celle-ci constitue un outil encore à utiliser à son plein potentiel, avec ses 97 trains quotidiens : situées dans les 14e et 15e arrondissements, qui totalisent près de 150 000 habitants, les quatre haltes marseillaises de la ligne n’ont vu passer en 2010 que 61 453 voyageurs (montée ou descente). Des chiffres certes en forte augmentation (entre +32 et +46%) mais à comparer aux 54311 de Simiane (6000 habitants) ou 207 160 de Gardanne (20 000 habitants)…

Humanisation

La faute peut-être à un manque d’informations : les haltes sont peu indiquées par les plans ou les panneaux, aucune campagne de communication n’a été mise en place sur ce sujet et peu de gens savent certainement qu’un abonné RTM peut circuler gratuitement entre elles dans Marseille. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle des trains passent toute la journée régulièrement devant des quais déserts. « Le plus gros c’est-à-dire la ligne – est fait. Mais il y a maintenant un enjeu d’humanisation, avec l’accueil, l’information, la sécurité, l’entretien », estime Karim Zeribi.

« Les gares n’ont pas été « terminées », elles sont enclavées, il n’y a pas de présence humaine, le matériel est vandalisé« , déplore Jean-Yves Petit. De quoi donner lieu une nouvelle fois samedi à un tableau effrayant dans La Provence, entre trafic de shit, ascenseurs murés et attaque de trains (sur une autre ligne marseillaise). A nous de vous faire préférer la voiture (pour ceux qui peuvent). Ou le bus (comme le n°26, première ligne RTM en terme de voyageurs, qui ne permet en 16 minutes – les bons jours – que d’aller jusqu’à Bougainville) .

Une situation connue et reconnue à la SNCF, qui met en avant le Contrat local de sécurité (CLS), dont la clôture de la phase de diagnostic a fait l’objet d’une réunion (avec notamment la préfecture et la Région) le 28 juin et qu’elle pilote. Un cas unique en France, insiste Nathalie Dorier, directrice des affaires territoriales à la SNCF Paca. « Certaines haltes sont en mauvais état et il est très difficile actuellement de maintenir les installations en état de fonctionnement« , concède-t-elle.

Acteurs multiples

Mais en précisant que « les partenaires (du CLS) s’accordent à dire que la « délinquance » constatée sur les haltes et à bord des trains est une prolongation des problèmes qui se posent dans les quartiers ». Même analyse chez Jean-Yves Petit, pour qui « la gare est à l’image de l’état de dégradation sociale de l’environnement dans lequel elle se trouve ». D’où cette question ? « Où est le maire de Marseille ? Et où est l’Etat ? La Région fait ce qu’elle peut mais ce n’est pas elle qui est chargée de la politique de la Ville ».

En tout cas, comme la SNCF « ne peut pas être seule sur la ligne » l’idée du CLS est de « mettre tout le monde autour de la table », livre Nathalie Dorier, qui cite le cas des souterrains de Saint Antoine, dont c’est MPM qui est propriétaire, comme exemple de cette nécessité. « L’objectif est d’arriver assez rapidement à des actions concrètes comme le nettoyage des haltes, des souterrains, des escaliers – cela paraît tout simple mais contribue énormément au sentiment d’insécurité – ou encore la vidéo-protection sur les installations (composteurs, afficheurs, ascenseurs…). »

La « multiplicité des acteurs », c’est l’une des clés identifiées par Jean-Vyes Petit : « déjà sur le ferroviaire on a Réseau Ferré de France, le conseil régional, la SNCF elle même divisée en services (gares et connexions, fret, TER), puis il y a les collectivités qui gèrent les transports (Marseille Provence Métropole pour la RTM, ndlr)… » Et les deux projets évoqués de part et d’autre sont une bonne illustration du travail à réaliser : à Picon-Busserine un « point d’info multi-services avec l’idée à la fois d’apporter des services dans des quartiers où ils sont parfois peup présents et de ramener de la présence humaine, de mettre plus de convivialité dans ces haltes », explique Jean-Yves Petit et « l’une des pistes étudiée dans le cadre pourrait être la création d’un pôle d’intermodalité avec bus, parking relais, etc. », détaille Nathalie Dorier.

Au delà de Marseille

Le grand rêve de Jean-Yves Petit : à partir de ce réseau « mettre en place sur l’aire métropolitaine marseillaise une sorte de RER marseillais avec une carte, un plan des gares, des services cadencés ». Et de citer des travaux en cours ou à venir comme « la 3e voie Marseille-Aubagne, une nouvelle gare à Arenc ou l’augmentation des trains sur la ligne portuaire ». Mais « il y a encore beaucoup à faire », et on se heurte « au problème de fond du financement ».

Une occasion de plus pour Karim Zeribi d’appeler à mettre la vitesse supérieure sur le syndicat mixte des transports, créé en 2009 sous l’égide du CG13 qui « n’a aujourd’hui pas de pouvoir de décision ni de force de frappe en matière d’investissements ». Par exemple via la constitution d’un « pôle métropolitain de transports ». Rappelons-le : après Septèmes le TER va au pays d’Aix et après Saint-Marcel la ligne Marseille-Toulon va vers la Penne-sur-Huveaune et Aubagne…

En attendant, pour la ligne Aix-Marseille, les projets « seront repris dans le cadre du CLS », dont les groupes de travail doivent commencer à plancher à l’automne, indique Nathalie Dorier. De notre côté, on vous livre la carte des gares marseillaises, avec en lien la fiche SNCF avec les services disponibles (guichet…) et les horaires des lignes ainsi que la fiche Le Pilote pour savoir comment y accéder ou en partir.

Afficher Les gares et haltes ferroviaires marseillaises sur une carte plus grande

Par Julien VINZENT, le 11 juillet 2011

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Vos commentaires

8 commentaires
sur "Petites gares : les invisibles des transports marseillais"

Caméléon, 6 avril 2012 à 23:36 min

merci pour cet article RARE et au combien important pour developper le transport public !!! décidément vous taper dans le 1000 marsactu bravo!!! je déplore chaque jour que les plans des transports marseillais (RTM et autres) ne montrent pas les trajets TER et leurs gares de la même importante (ou pire absent) que les lignes de métro ou tram !!! Or ces lignes existent et proposent des itinéraires interessants et méconnus. D'autant que des nouveaux projets de gares sont prévues et qu'il ne reste qu'a augmenter les fréquences de passages pour attirer les gens, sans oublier des accés lisibles, attractifs et des parkings aux gares excentrées !!! mais un minimum de communication serait déjà bien !! Hein Monsieur Zéribi !! SNCF et RTM doivent collaborer d'urgence à ce plan global !!!

cameleon, 6 avril 2012 à 23:43 min

Notamment les projets de gares TER connus et bien stratégiques: Arenc tour CMA CGM, Cap Pinède (euromed 2), La Barasse (la valentine 11è = pole urbain à developper autour) etc....Vite des travaux et des financements ETAT pour la 2ème ville de France !!! il ny a pas que le grand Paris dans ce pays ou on entasse des gens qui étouffent la bas....

Tresorier, 16 juillet 2011 à 10:18 min

Le reseau ferre metropolitain doit etre gere par la metropole a creer.

Si les EPCI a la con qui entourent MPM ne veulent pas l'integrer, que MPM devienne metropole et gere seule les liaisons ferres a l'interieur de son perimetre.

Et dehors la region PACA, le CG 13 et son syndicat departemental des transports qui ne sert a rien (sauf sans doute au clientelisme de Jean Nono Guerini.....).

Silvano, 12 juillet 2011 à 23:22 min

Merci pour vos articles étayés et précis sur l'enjeu des déplacements dans l'agglomération (métropole) marseillaise... Je pense que vous pouvez en préparer des kilomètres (d'encre) avant que Marseille se dote d'un réseau de transport fiable, sécurisé, multimodal, équitable et solidaire (géographiquement notamment)... Je vous invite a faire quelques analogies et comparaisons avec la politique de Transport autour de Lyon... Le jour et la nuit... Et l'explication n'est pas seulement a trouver dans la diffrerence d'art de vivre, de moyens financiers et/ou de contexte géographique (mer, collines,...)

céhère, 12 juillet 2011 à 10:56 min

Très intéressant article.

fredo, 12 juillet 2011 à 09:56 min

Il est rare que la presse s'empare de ce sujet, effectivement fasse aux carences de la desserte en transport en commun efficace à Marseille, les gares intra-urbaines sont une solution, trop souvent oubliée, pour les raisons que vous expliquez tés bien : problèmes d'intégration urbaine des gares, de sécurité, de fréquence de passage, et surtout absence de parking relais ou de rabattement de bus RTM..

Mais il est toujours bon de se rappeler que Marseille possède un réseau intra-muros important, capable avec un peu d'effort partagé des différents acteurs concernés, de résoudre efficacement et à moindre coup ( comparé au métro ...) le désenclavement de ces quartiers...le rails adaptés à une desserte urbaine, sera toujours plus efficace qu'un BHSN même pas en site propre !

Gilbertou, 12 juillet 2011 à 07:17 min

Bonjour,
Très ce billet de Julien VINZENT;
Je suis tout à fait d'accord avec ce qu'ont exprimé Jean-Yves PETIT & Karim ZERIBI.
Il faut que le plus grand nombre s'en empare et inviter toutes les institutions concernées à s'asseoir autour de la même table; Après tout, le Ministre des Transports est aussi un élu Régional en PACA;
Le temps presse!
Très cordialement,
Gilbert de Pertuis en Luberon et de l'asso NOSTER PACA

M34, 11 juillet 2011 à 23:20 min

Karim Zeribi
pas de paroles
mais des actes !!

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