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Société

Marseille : interrogations autour du sort des migrants tunisiens

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« On ne sait pas où on va ». Pour Annick Chaillé-Grell, militante de la Ligue des droits de l’homme, la situation des migrants tunisiens arrivés à Marseille ces dernières semaines – deux cents selon l’association, une centaine selon la préfecture des Bouches-du-Rhône - et notamment leur hébergement, pose toujours problème, malgré la communication rassurante de la préfecture.

Interpellations

Mercredi soir, comme à Paris, les forces de l’ordre ont procédé à des interpellations porte d’Aix, où est regroupé un groupe plus ou moins important de migrants selon les heures de la journée. 15 personnes, « ne possédant pas de titre, ont été placées en centre de rétention », nous précise la préfecture. Qui ajoute que dans la mesure où les migrants disposent d’un permis, notamment celui remis par les autorités italiennes et qui a déclenché une polémique Paris-Rome, ainsi que de 31 euros par jour, leur situation est en règle. Comment le vérifier ? « S’il y a des contrôles on leur demande ».

Donc il y aura de nouveaux contrôles ? Mystère. « Ce qui est sûr c’est que l’on va mettre en place des solutions de retour avec le consulat de Tunisie pour ceux qui le souhaitent ». Et pour les autres ? « Hier soir la préfecture nous promettait la réquisition d’une école, il est 15h30 on ne sait toujours pas où », s’étonnait Annick Chaillé-Grell ce jeudi après-midi. « Cela nous convenait car cela nous aurait permis de les rassembler pour connaître leur desiderata, car parmi eux il y en a qui veulent rester à Marseille, d’autre qui veulent aller en Allemagne, d’autres rentrer au pays ».

« C’est plein, comme toujours »

Interrogés sur la question, les services de l’Etat ne voient pas de quoi il s’agit, indiquant que l’unité d’hébergement d’urgence de la Madrague Ville « n’était pas pleine » et a accueilli 23 migrants mercredi soir. Conclusion : « il n’y a pas de nécessité » d’ouvrir d’autres lieux. « C’était plein, sinon on en aurait pris plus. On a plus de 200 personnes actuellement et nous faisons des travaux de réfection. Tout ce que je peux vous dire pour aujourd’hui, c’est qu’à 17h30, il nous reste 18 places », nous répond-on à l’UHU.

Oui mais la Madrague n’est pas le seul centre, se défend alors la préfecture. Tentons notre chance à l’UHU de la Roseraie : « C’est plein, comme toujours », nous fait-on écho. Et à Saint-Jean de Dieu ? « La LDH nous a contacté hier on leur a dit que nous étions complets. On est confrontés quasiment toute l’année à refuser des personnes », regrette Georges Kammerlocher, le directeur. Quant à la mairie, elle affirme qu’« elle n’a pas vocation dans le cadre législatif en vigueur, à héberger des personnes en situation irrégulière en l’absence de véritable péril mettant leur vie en danger ».

Pouce baissé

D’où cette conclusion différente, tirée par Béchir Mhemedi, autre militant de la Ligue des droits de l’homme présent porte d’Aix: « ils vont dormir en plein air avec la menace d’une intervention ». Du coup, « avec Médecins du Monde et quelques tunisiens on va nourrir les gens avant de les dispatcher ». Parti de Djerba le 14 mars, et arrivé à Lampedusa 23 heures de bateau plus tard, un jeune Tunisien et son compatriote débarqué lui depuis deux semaines, nous font comprendre simplement tout le mal qu’ils pensent de leur accueil : pouce levé pour l’Italie, qui leur a fourni titre de séjour, nourriture, douche, soins ; pouce baissé pour la France.

Instituteur retraité résidant à Felix-Pyat venu apporter son soutien et si possible des « conseils » Ali Benaïssa ne cache pas non plus son « énervement », tout en se félicitant que « quelques Tunisiens leur ont apporté du lait, du pain, du fromage. Ils attendent simplement un geste humain de la part de la population et de l’Etat : les héberger, leur donner à manger, des médicaments, du travail ».

Interrogé à l’occasion de l’étape marseillaise du « tour de France de la jeunesse » de Rama Yade, le député UMP Jean Roatta s’est certes montré d’accord sur le diagnostic (« que demandent les jeunes en Tunisie ? Du travail »), et a assuré que « la Méditerranée ne doit pas séparer mais rassembler » mais tout en restant bien ancré sur la rive Sud en ce qui concerne les solutions, se demandant si « l’Europe ne devrait pas aller beaucoup plus vite pour aider la démocratie en Tunisie », particulièrement sur le plan économique, notamment via la coopération décentralisée.

Certes, c’est l’Europe dans son ensemble qui a face à elle, et sur le long terme, un vaste défi englobant les conséquences de son modèle de développement, les inégalités Nord-Sud, des libéralisations des capitaux, des marchandises et des services… Mais en attendant, porte d’Aix, les migrants sont là. Et n’oublions pas cet extrait du Monde du 26 avril : « quand on lui en parle (des réfugiés, ndlr), Riadh Nouri (vice-consul général de Tunisie à Nice, ndlr) ne pense pas, du moins pas toute de suite, aux Tunisiens de Lampedusa et de Vintimille. Ce sont les quelque 200 00 rescapés de la guerre libyenne, souvent originaires d’Asie ou d’Afrique noire, entassés dans des camps surpeuplés, à la frontière tunisienne, qui lui viennent d’abord à l’esprit. A ceux-là, personne ne leur demande ni papiers ni compte bancaire (…) Comparé au désastre libyen et au manque de moyens du gouvernement tunisien, l’histoire de Vintimille semble nettement moins tragique »

Par Julien VINZENT, le 28 avril 2011

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Vos commentaires

5 commentaires
sur "Marseille : interrogations autour du sort des migrants tunisiens"

liseron duveteux, 30 avril 2011 à 21:07 min

Chuuut...Pepsi,Vauzelle va mourir de honte,gras comme il est,son coeur est fragile.
Tu te rends compte la France qui le gave à le faire exploser depuis qu'il est né,lui fait honte.
Décidément le proverbe provençal,a été fait pour lui.Il y est question de Bertrand...ou Michel c'est pareil.

Il y a une raison de cette immigration maghrébine dont personne ne parle,et qui est pourtant, un des moteurs principaux.
Dans ta liste non exhaustive,on ne peut pas l'écrire.
C'est tout simplement,la sexualité réputée libre des pays européens.
La consommation d'alcool.
Deux aspects de la vie de tous les jours,particulièrement stricts dans ces pays là,voire interdit pour l'alcool.
Le catalogue touristique est particulièrement attrayant,c'est le moins que l'on puisse dire.
Et Vauzelle a honte...remarque rien ne l'empêche d'immigrer.

ymerej, 30 avril 2011 à 08:52 min

Pepsisolar :

Allez à la Porte d'Aix et expliquez leur dans les yeux puisque c'est si simple.

liseron duveteux, 29 avril 2011 à 11:50 min

Il faut contacter Poalagratter,il a des convictions pour accueillir tout le monde...

Normalement les révolutions font partir les plus riches.
quel intérêt de faire la révolution,si c'est pour immigrer.
Vers une France, qui a part proclamer ses droits de l'homme,est incapable de résoudre sa propre misère.
Car en dehors du show-bizz,du cinéma,des politiques,et autres malins.
Le chômage chronique,les salaires à 1000 euros par mois,les decouverts permanents,les logements insalubres,les emplois précaires et autres petites cachoteries de notre super système tant envié de par le monde,sont des réalités quotidiennes pour des millions de français.

pepsisolar, 29 avril 2011 à 13:28 min

quel intérêt de faire la révolution,si c’est pour immigrer ? Ben c'est tout simple ! Les aides (RSA, CMU et tout autres). Ce ne sont pas des réfugiés politiques vu que ils ont eu leur révolution. Ce sont juste des opportunistes qui ont vu le bon coup. Quand on va dans un pays étranger, on respecte ses procédures (demande de visas, etc..) on ne s'invite pas et puis on se demande ce que l'on va faire. Occupons nous d'abord de nos SDF, les 4 millions de chomeurs ensuite on regardera les autres.

VealOlive, 2 mai 2011 à 10:59 min

Quel interet de donner un avis si il est aussi peu renseigné?

Quel interet de se pencher sur un phenomene de société si ca n'est que pour servir la soupe froide des clichées de siecle dernier?

Sais-tu, pepsisolar, sombre soda, que de nombreuses publications existent, de nombreux chercheurs (dont certains de la faculté d'aix marseille) peuvent répondre aux questions que tu ne te pose pas?
D'abord, un migrant n'a pas le droit à la CMU. C'est l'AME. Enveloppe sur laquelle se servent tous les hôpitaux publiques (ceux de l'APHM bien plus que d'autres... "A la bieng!") pour juguler leur déficit... Qui n'est pas à proprement parlé lié à l'immigration mais plutôt (pour caricaturer) a ton incapacité de Francais de 2011 à veiller sur tes aieuls (par exemple) ou bien encore à la prolifération des administratifs dans ces institutions.

Parmi ces chercheurs, un bon nombre te posent la question: l'origine geographique des migrants n'a pas changé depuis des decennies. Le migrant en France reste issu des anciennes colonies. Pourtant la pauvreté dans le monde ne cesse de se modifier. Si le simple mecanisme (allocations...) que tu evoque suffisait, cela impliquerait-il que les nigerians, les birmans, les angolais, les tanzaniens, etc sont plus cons que les autres (puisqu'ils emmigrent ailleurs)?
Sais tu que les plus grands flux migratoires empruntent desormais l'axe est ouest?
Sais tu que ceux qui fustigent l'AME ne la feront jamais disparaitre car derriere elle se trouve plein plein d'emplois francais (assistantes socilaes, admin,...)?

Enfin, et c'est au Marseillais que je parle:
Ta ville fait les poches des plus demunis. Regarde un peu la facon dont l'UHU, la fameuse, a été gerée ces derniers temps. A propos: pourquoi reste-t-il des places à l'UHU actuellement et pas ailleurs? Est ce parcequ'ils refusent les sans titre de sejour en dehors de la treve hivernale? Pourquoi alleguent ils faire des travaux alors que ces travaux ont deja été fait en 2008? Pourquoi le SAMU social de Marseille est il le seul en France à etre geré par la Mairie? Regarde l'histoire de Vauzelle-Andrieux et des associations fictives....
Ca aussi il faut que tu le sache. Surtout si tu est sincere quand tu espere que l'on regle le sors des SDF.
A moins... A moins que "tu t'en batte les c..." comme les autres en fait.

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