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Société

L'enseignement du provençal : à vot' bon coeur M. le Recteur

Lycée d'Orange (crédits AELOC)

Lycée d'Orange (crédits AELOC)

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Cet article fait partie du dossier « la face cachée du provençal », cliquez ici pour le consulter en intégralité.

Avec plus de 12 000 élèves, les chiffres de l’enseignement en Provence sont surprenants, et pourtant, suivre sa scolarité en provençal « est une galère de tous les jours » si on en croit M. Neumuller de l’AELOC (Association pour l’Enseignement de la Langue d’Oc).

Puisqu’il n’existe pas de cadre légal clair, tout reste soumis à la bonne volonté des recteurs et des chefs d’établissement. Le Félibrige réclame, avec d’autres associations, une loi qui définisse les moyens et les droits de la langue, notamment dans l’enseignement. Parmi les revendications : que le provençal soit systématiquement proposé dans les établissements. L’expérience d’une jeune fille voulant poursuivre sa scolarité en provençal à Aix-en-Provence est édifiante : « mon lycée ne proposait pas de cours de provençal, et l’option n’étant pas référencée par le Rectorat, j’ai du m’inscrire en Russe pour obtenir une dérogation vers un lycée qui le proposait. Après la rentrée, je me suis désinscrite du cours de russe et inscrite en provençal, comme de nombreux lycéens dans ma situation ».

Ils aimeraient aussi que l’Éducation Nationale ouvre plus de CAPES de langue d’Oc, notant qu’il s’en ouvre quatre par an pour une zone qui compte 12 millions d’habitants (entre Bordeaux et Nice), et par exemple un par an en Corse… Mais sans multiplier les heures de provençal, on se demande pourquoi plus d’écoles ne proposent pas des cours de Maths, Histoire, Bio, EPS etc… en provençal, puisque comme le notait l’AELOC « la demande s’envole mais l’offre stagne » ? Et là, les associations pointent la responsabilité des chefs d’établissement qui refusent de jouer le jeu, et peuvent se le permettre puisqu’aucune loi ne les y contraint.

Et il faudrait aller encore plus loin pour arriver à sauver le provençal. Car partout où les langues régionales sont utilisées en Europe, on observe que leur apprentissage est obligatoire à l’école : Pays Basque, Galice, Catalogne, Pays de Galle, Finlande (Suédois)… Le gouvernement galicien a même entrepris une grande campagne de « galicinisation » de l’enseignement, en plus du caractère obligatoire, avec des slogans incitant les jeunes élèves à s’exprimer en galicien, et naturellement, des programmes d’immersion pour ceux venant d’autres régions d’Espagne.

Par Fabien Pecot, le 13 novembre 2010

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8 commentaires
sur "L'enseignement du provençal : à vot' bon coeur M. le Recteur"

Tresorier, 3 juin 2011 à 01:28 min

A quand enfin une langue provencale reconnue en France et non comme le patois d'une langue languedocienne intitulee "d'Oc" qui nous est parfaitement etrangete, alors que le monde l'a reconnu il y a 100 ans avec le Prix Nobel attribue a Mistral ?

Ali, 17 novembre 2010 à 21:40 min

Le centralisme français et tous ses "supporters" méprisent les régions, les langues du territoire français autres que la langue d'Oil et les gens qui ne vivent pas selon le bon ton dicté par ces chefs.
Et puis il y a les moutons, tant de moutons à la tête baissée devant la voix de la Vérité Française, qui suivent naïvement , les pôvres, la parole de ceux qui ont raison pensent-ils ( ou peut-être ne le pensent-ils pas, mais la lâcheté qui guide leur vie ne leur permet même pas de réfléchir un peu , un tout petit peu....)

Ginetto, 16 novembre 2010 à 13:44 min

Pas facile de faire vivre une langue alors qu'elle a été bannie pendant des années. Les instituteurs de la IIIe République faisaient la chasse aux patois. Aujourd'hui on essaie de faire revivre les langues régionales... Ca me fait penser à Marseille. Il y a 50 ans, on avait un des réseaux de tram les plus étendus de France... Aujourd'hui ça nous coûterait des milliards d'en réimplanter.

jys, 15 novembre 2010 à 23:31 min

@Laurent : Ton constat est exact mais ton analyse est fausse. Les "thuriféraires" dont tu parles, ont suivi la vague, mais ils n'ont pas provoqué le raz-de-marée.
L'état centraliste français repose sur la négation et l'élimination des identités régionales.
Ridiculiser les accents, mépriser les expressions et les langues locales, transformer les traditions en folklores, tout ceci est la base de la culture de la nation française, qui justement a tant de mal a trouver sa propre identité, sa propre expression, ses propres traditions.
Je te le répète, ton constat est juste, c'est le cheminement de ton raisonnement qui est faux. Et je le répète aussi, tu n'y es pour rien. On t'a rendu ignorant. Libre à toi de te documenter, et de découvrir ce que sont les cultures d'origine du pays où tu vis.

Laurent, 13 novembre 2010 à 13:24 min

Combat d'arrière garde, la culture provençale est une vaste fumisterie qui se joue à coup de pastorale, de tabourinaire et de felibre.

jys, 14 novembre 2010 à 13:30 min

@Laurent : Pauvre de toi.... Documente-toi un peu avant de parler, va.
Le moule du centralisme à la française t'a bien formaté. Sans argument, et surtout sans référence, ni connaissance, tu te complais dans un mépris arrogant nourri de clichés.
Et en plus, on peut même pas t'en vouloir, tu es juste le produit du rouleau compresseur français, et comme tant d'autres, tu ne sais rien de ton histoire.

Laurent, 15 novembre 2010 à 14:46 min

Mais je n'y peut rien moi, ce sont les thruriféraires du provencal qui l'ont noyé dans un folklore pour touriste collectionneur de santons. Pour vivre, une langue à besoin d'autres choses que de cours en fac, d'une heure par semaine sur France 3 PACA et du soutien de CPNT.

icci, 14 novembre 2010 à 12:37 min

ô ignorance au front de taureau, qui bombe le torse et lance avec certitude des anathèmes.

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