• Imprimer
  • A+
  • A-

Société

"Fadettes" : Le Monde va porter plainte contre le procureur de Marseille

Partagez cet article

« Le Monde déposera donc plainte dans un troisième dossier, celui qui a vu le Parquet de Marseille se procurer dans le cadre d’une affaire criminelle, les fadettes de nos journalistes. » C’est l’annonce du patron du Monde Erik Izraelewicz dans l’éditorial du journal daté de demain. L’affaire a été révélée il y a trois mois à la suite des investigations de la juge Sylvia Zimmermann concernant l’espionnage de reporters (Gérard Davet et Jacques Follorou) en parallèle de l’affaire Bettencourt. En demandant à connaître toutes les demandes de consultations des factures téléphoniques du second (les fameuses fadettes), elle a découvert celle émanant de Jacques Dallest, le procureur de la République de Marseille.

Le journal du soir se trouve renforcé par les mises en examen de Bernard Squarcini puis celle hier du procureur de Nanterre Philippe Courroye. Si cette dernière ne préjuge en rien une quelconque culpabilité, il s’agit, aux yeux de l’avocat du Monde, François Saint-Pierre d’une « décision importante qui prouve que le juge d’instruction a considéré que c’était fondé ». Maître Saint-Pierre dit désormais attendre le résultat des recours engagés devant la cour d’appel de Paris par le procureur Courroye pour déposer officiellement la plainte marseillaise.

Pour le moment, chez le procureur de la République de Marseille, c’est silence radio. Il se borne aux explications données lors de la révélation de ces opérations. « J’ai agi en conformité avec la loi, qui autorise la saisie de facturations téléphoniques dans certains cas bien précis, par exemple lors des affaires de criminalité organisée, comme celles évoquées dans les deux articles en question », avait-il réagi à l’époque. « C’est sa version : elle mérité d’être écoutée, répond Franck Joannès qui tient la rubrique justice du journal. Mais, pour que la requête soit légitime, ça ne dépend pas simplement de la gravité de l’affaire mais aussi de l’impossibilité d’arriver à ses fins par tous les autres moyens. »

« Le mal est fait »

C’est en effet le sens de l’arrêt rendu le 5 mai 2011 par la cour d’appel de Bordeaux qui a conclu à l’annulation de certaines pièces du dossier Bettencourt (obtenues par Philippe Courroye avant la délocalisation en Gironde de l’affaire) en se basant sur la loi sur le secret des sources votée en 2010. Mais, dans ce cas, relevait Reporters sans frontières, « le mal est déjà fait ».

L’affaire marseillaise ne fait pas exception à ce niveau. Les journalistes, détaille Franck Joannès, ont pris depuis des précautions : « On travaille différemment, on se méfie et nos interlocuteurs encore plus, notamment les fonctionnaires depuis l’affaire David Sénat. Ce qui est sûr, c’est que ça complique les choses. »

Aujourd’hui, Le Monde entend ne rien lâcher et poursuivre « dès qu’on portera atteinte au secret des sources des journalistes », martèle l’avocat du journal. « Vous savez, conclut Joannès, Jacques Dallest, s’il est mis en examen puis condamné, il n’est pas près de devenir procureur général. Si on poursuit à chaque fois, ça devrait refroidir les ardeurs des magistrats intrépides. »

Un lien Owni revient longuement sur l’affaire marseillaise des fadettes

Par Jean-Marie LEFORESTIER, le 19 janvier 2012

  • Imprimer
  • A+
  • A-

Ça vous rend...

Vos commentaires

11 commentaires
sur ""Fadettes" : Le Monde va porter plainte contre le procureur de Marseille"

Liseron duveteux, 20 janvier 2012 à 21:39 min

Oui! Chris, c'est la raison pour laquelle l'opinion du peuple de France est fragmentée en une multitudes de partis, du centre droit à l'extrème droite, et du centre gauche à l'extrème gauche, en n'oubliant pas le centre tout court.
Seule condition pour que ce genre de privilège perdure.
A l'aube de cette nouvelle année, je n'ai pas l'impréssion que les choses vont changer.
Un jour un gendarme m'a dit:" Justice, police, dans notre pays il ne faut pas s'en approcher".
J'ai bien compris ce qu'il voulait me dire, mais lui le savait sans doute beaucoup mieux que moi.

Liseron duveteux, 20 janvier 2012 à 11:16 min

Au delà du fond,et de la forme,réjouissons nous quand ce genre de personne est ramenée au niveau du citoyen.

Chris, 20 janvier 2012 à 15:01 min

...vous voulez dire comme Courroye qui, mis en examen, chie de bien haut sur le citoyen de base en refusant de démissionner ?
Ils ne valent pas mieux que les politiques, et l'on sait bien qu'il ne risquent RIEN. Citez-moi UN exemple de magistrat qui est allé en taule quand un citoyen y serait allé pour des faits comparables...UN seul.

Chris, 20 janvier 2012 à 17:10 min

Tiens, lui par exemple : PIERRE HONTANG, procureur poursuivi pour vol de carte bleue, pris la main dans le sac (panier?) alors qu'il utilisait celle-ci dans un bar à put..pardon, un bar à entraineuses.
On en est où ?
Il a passé combien de temps à la gamelle ?
Un citoyen ordinaire, il aurait pris combien de préventive ?

Ricou 24., 19 janvier 2012 à 21:31 min

Chris,
Vous mélangez tout,vous faite des effets de manche pour argumentaire.
Votre culture vous donne des possibilités et vous vous laissez emporter.
Chaque affaire est différente,Dallest ne faisait pas de politique dans cette affaire,il travaillait .
Bien sur qu il lui arrive de bafouer son serment,sa fonction,notamment en faisant de la politique.
Mais pas là.
Une chose après l autre,restons sur la plainte du Monde.
Si nous nous plaçons au même niveau que ces élites nous allons en pourrir.

Ricou 24.

Chris, 20 janvier 2012 à 14:57 min

Mais c'est bien la fonction de Procureur du Roy que je vise directement !
Elle est une insulte à la séparation des pouvoirs et à la démocratie telle que JE la conçois, et je respecte que vous ne partagiez pas ce point de vue : ces magistrats sont de petits pantins en bois, nommés en conseil des ministres...allons...

Chris, 19 janvier 2012 à 20:40 min

...et une spéciale dédicace à GERARD LESIGNE, procureur d'Outreau qui, alors même que le procès de première instance explosait en plein vol et qu'il SAVAIT qu'il poursuivait des innocents, à fait appel de leur acquittement...et a été promu. Que ses victimes ont été gentilles...

Et le coup de celui qu'on envoie chercher en hélico au coeur de l'Himalaya, pendant l'affaire TOUBON, parce que son substitut profitait qu'il était aux fraises pour faire honnêtement son boulot....comment il s'appelait ce caniche-là...LAURENT DAVENAS ! Doigt sur la couture ! (des nouvelles du fameux substitut ?...)
Ricou 24 vous êtes impayable, surtout continuez à nous faire rire !

Chris, 19 janvier 2012 à 20:31 min

La république des juges..

"Là où y'a d'la gêne, y'a pas d'plaisir", comme dit l'oncle Dédé avant de lâcher une grosse caisse entre la poire et le dessert, pendant les repas de famille : combien de ces PANTINS pour oser briguer des mandats électifs (comme le toutou Laurence "Z'avez-vu-comment-j'ai-bien-fini-d'enterrer-l'affaire-Boulin" VICHNEVSKI, 'pas honte celle-là)...

QUI encore pour oser prétendre que la séparation des pouvoirs n'est autre chose qu'une vue de l'esprit dans notre pays ?
QUI pour oser réfuter que notre Etat n'est pas devenu totalitaire ?
Le léviathan de Hobbes dans toute sa splendeur.
Le cauchemar incarné.

Ricou 24., 19 janvier 2012 à 11:46 min

C'est quand même fort de café, nous arrivons très vite à des situations qui deviennent ubuesques.

La justice par l'intermédiaire du parquet ou du juge d'instruction souhaite avoir des informations qui vont peut être permettre de faire avancer la vérité et sûrement permettre de protéger des hommes des foudres de leurs adversaires.

Les nouvelles technologies font parties de l'univers de notre époque, il y a toujours le même jeu, les règles changent, elles doivent donc être accessibles à tous, enquêteurs compris.

Le procureur serait accusé de tous le mots s'il n'avait pas mis tous les moyens possibles à sa disposition pour accomplir sa mission et la protection de certains individus.

Arrêtons « le politiquement correct » et de vivre dans « l'escroquerie intellectuelle » en permanence.

Le parquet n’a pas mis la démocratie en danger.

Ricou 24.

Rasta, 19 janvier 2012 à 11:07 min

Oui, oui, il faut que le procureur dispose de tous les moyens dans une affaire criminelle : torture, secret de la mise au cachot, possibilité de corruption, emprisonnement de la famille, ...
Et puis quoi encore !
Avec des gens comme Tonara, on est sûr de finir demain dans une dictature.
Ce qui est triste c'est que le procureur lui-même ne soit pas le premier défenseur des libertés.

TONARA, 19 janvier 2012 à 08:09 min

Laissons faire la justice, mais si c'est pour faire avancée une affaire crimielle alors là : oui le procureur a raison

Déposer un commentaire

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.

Votre commentaire : *

Suivez-nous

Jour après jour, restez connectés à Marsactu !

Sondage

Le poste de ministre de Carlotti peut-elle l'aider à gagner aux législatives ?

Vos amis sur Facebook

On en a parlé... le 24 mai 2011

En images

Ça vous rend...