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Société

Du centre de rétention de Marseille à l'hôpital

Une femme de 39 ans, Marocaine en situation irrégulière, qui était placée au centre de rétention administrative (CRA) du Canet depuis le 29 juin, se trouve actuellement à l'hôpital de la Conception à Marseille. S'étant opposée à plusieurs reprises à son départ en avion pour le Maroc, elle a été mise lundi en cellule d'isolement. D'où elle est partie le lendemain soir, direction l'hôpital Nord en raison du développement d'une pathologie grave affectant les reins et le foie, puis transférée à La Conception en vue d'une greffe du foie, selon le récit de Forum Réfugiés, association habilitée à intervenir au CRA du Canet. "Elle va bien", nous indique-t-on à l'Assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM). Dans son communiqué, l'association affirmait que son pronostic vital avait été engagé, une information qu'il ne nous pas été possible de recouper auprès de l'AP-HM, qui ne souhaite pas s'étendre davantage sur les conditions de son admission.

Contacté, le directeur général de Forum Réfugiés se montre prudent sur les circonstances qui ont conduit Fatima Asfour à l'hôpital : "On a deux éléments objectifs : le moment de sa mise à l'isolement et celui de son départ à l'hôpital. Pour le reste, on n'était pas dans la cellule et on n'a pas d'autres éléments que ceux qui viennent de sa famille, du corps médical et du consulat", indique Jean-François Ploquin. A savoir, d'après un communiqué du bâtonnier de Marseille Jérôme Gavaudan, qu'"ayant tenté de mettre fin à ses jours par l’absorption de médicaments, elle a été prise de violentes douleurs. Laissée sans soins, elle a tenté d'attirer l'attention sur elle en se tapant la tête contre les murs et n’aurait reçu comme seule réponse que la mise en place forcée d'un casque."

Quoi qu'il en soit, "la volonté d’aboutir à tout prix à l’exécution de la reconduite de Mme Asfour au Maroc l’a emporté sur les considérations humanitaires qui auraient dû conduire rapidement le chef de Centre à alerter les secours pour mettre un terme à une situation de souffrance qui a conduit à un danger vital", dénonce le communiqué. Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a été saisi, et l'association mise sur le visionnage des bandes des caméras de la cellule pour faire "la lumière sur les conditions du maintien à l’isolement". La préfecture n'a pour l'instant pas donné suite à notre demande de précisions.

Article actualisé à 16h30 avec l'état de santé de Fatima Asfour indiqué par l'AP-HM, puis à 17h10 avec la mention du communiqué du bâtonnier de Marseille Jérôme Gavaudan (voir ci-dessous).

Par Charlotte Ayache et Julien Vinzent, le 3 août 2012

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Vos commentaires

7 commentaires
sur "Du centre de rétention de Marseille à l'hôpital"

Lefrançois, 27 août 2012 à 01:19 min

principe numéro 1: c'est toujours la faute aux autres si vous violez les lois et vous vous mettez en danger.
principe numéro 2: la France est un pays d'assistés, donc si vous vous vous mettez en danger et que personne ne vous secoure c'est la défaillance de l’assistanat qui est en cause, un bon moyen et de rejeter la faute sur les autres et de se faire de l'argent.
principe numéro 3: n'assumez jamais vos erreurs, ni le fait que vous ayez violé les lois, c'est comme en politique vous trouverez toujours des gens pour vous défendre.
principe numéro 4: n'oublier jamais que vous avez tous les droits et jamais aucune obligation.

Anonyme, 22 août 2012 à 10:47 min

Il est très bien notre bâtonnier de Marseille , c'est le premier bâtonnier que j'admire vraiment .. les autres c'était .. parade et compagnie à la solde des petits rois d' ici et du pouvoir de là-haut .. BRAVO Mr Gavaudan !

Vieux Patriote, 5 août 2012 à 17:44 min

De Toulon

Vieux Patriote, 5 août 2012 à 17:42 min

En complément Communiqué du CNB cité par la LDH de Toulok
Un été de tous les dangers au CRA de Marseille

Après avoir refusé à deux reprises son éloignement forcé et avoir absorbé une dose dangereuse de médicaments, elle a été placée à l’isolement dans le seul but de garantir son départ forcé.

Les autorités ayant ignoré les violentes douleurs dont elle se plaignait, elle a été laissée de nombreuses heures sans soins et il lui a été posé de force un casque lorsqu’elle tentait d’alerter les services présents sur place sur sa situation en se frappant la tête contre les murs de sa cellule.

Il semble que le seul but de ces traitements inhumains et dégradants, outre les traces de menottage signalées par la suite, était la mise à exécution de la mesure d’éloignement.

Enfin hospitalisée après dix heures de plaintes, Mme A. a été greffée du foie en urgence et son état est critique.

Le Conseil national des barreaux s’associe aux protestations vigoureuses des avocats du Barreau de Marseille et des associations présentes dans les centres de rétention qui ont dénoncé cette situation inadmissible, qui fait fi des principes humanitaires les plus élémentaires.
• Il souhaite que les autorités françaises prennent la mesure des traitements infligés aux étrangers retenus en centre de rétention et des méthodes employées.
• Il souhaite également que la saisine du Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté ainsi qu’une enquête judiciaire ou administrative permettent de déterminer les responsabilités et de mettre fin à de telles dérives au sein des centres de rétention.

Le Conseil national des barreaux veillera à alerter et défendre pour faire respecter les droits et libertés fondamentales aussi souvent que nécessaire.

Christian Charrière-Bournazel, Président du CNB
Philippe Chaudon, Président de la commission Libertés et droits de l’Homme

Vieux Patriote, 4 août 2012 à 23:18 min

Une enquête pénale et disciplinaire à l'égard des personnes (présumées innocentes) en charge du C R A au moment de ce grave "accident" a-t-elle été engagée ? Est-il envisagé de les suspendre de leur fonction ? Pour éviter les hurlements de certains internautes :il faut préciser qu’ une mesure de suspension de ses fonctions prise à l'encontre d'un fonctionnaire est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service Elle ne constitue pas une sanction disciplinaire. Pendant les quatre mois que dure cette mesure , le fonctionnaire conserve son traitement

Julien VINZENT, 6 août 2012 à 16:47 min

Bonjour,
comme nous l'indiquons ce lundi ( http://www.marsactu.fr/societe/retenue-hospitalisee-enquete-ouverte-et-p... ), le parquet d'Aix a ouvert une enquête préliminaire confiée à l'IGPN.

RAVAZ CHRISTINE, 4 août 2012 à 16:52 min

Dans mon ouvrage AVOCAT A VIF, je relate les conditions du décès d'un père de famille, d'origine tunisienne, au centre de rétention d'ARENC à Marseille. la famille n'a pu avoir accès à l'enquête qu'après la condamnation de la France par la Cour Européenne des Droits de l'Homme. M SLITI est décèdé dans les toilettes du centre de rétention, faute d'avoir été secouru à temps. Christine RAVAZ, avocat au Barreau de Toulon

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