"Si vous voulez que les hommes s'entendent, faites leur bâtir quelque chose ensemble". La citation de Saint-Exupéry, prononcée samedi au Silo lors du 2e forum des conseils de développement, avait rarement pris un sens aussi littéral. Ces assemblées composées représentants des syndicats, entreprises et associations poussaient une nouvelle fois « pour une approche métropolitaine des territoires », titre de leur manifeste publié en juillet 2010.
Un document qui avait à l’époque une caractéristique pas anodine : montrer que Marseille, Aix et Aubagne pouvaient parler d’une seule voix, via les conseils de développement de leurs agglomérations. Depuis, l’Ouest Etang de Berre (l’agglo de Martigues et le San Ouest Provence) a rejoint la démarche et Arles devrait suivre prochainement. Le premier forum de mars 2011 avait par la suite transposé l’image symbolique au sommet des exécutifs : le président par interim de l’agglo d'Aubagne Daniel Fontaine avait accueilli dans son Agora ses homologues du pays d’Aix et de Marseille Provence Métropole (MPM), Maryse Joissains (UMP) et le socialiste Eugène Caselli.
Un peu moins d’un an plus tard, on a donc retrouvé la même affiche à la tribune – mis à part Fontaine remplacé par Magali giovannangeli. Et les conseils de développement attendaient désormais des actes. Plus précisément des réponses aux propositions qu’ils ont préparé ces derniers mois sur la coopération à l’échelle de la métropole, ainsi que sur le thème des transports et de l’innovation économique.
Coopération à reculons ?
"Comme tout le monde, nous nous sommes posé la question de la traduction administrative", a entamé Jacques Boulesteix, président du conseil de développement de MPM. A qui il n’a pas échappé que le collectif « Mon entreprise ma ville » distribuait des tracts à l’entrée reprenant son antienne : "osons la métropole", l’alternative du pôle métropolitain étant pour eux "un leurre".
A la différence de la métropole, qui équivaut à une fusion de leurs collectivités respectives, le pôle métropolitain fonctionne selon une logique de projets partagés – "faites leurs bâtir quelque chose ensemble" - de dimension métropolitaine. Et dépend donc de la bonne volonté de chacun, d’où les craintes de « Mon entreprise ma ville ». Une future "coquille vide" le pôle métropolitain ? Des "clichés" pour Magali giovannangeli : "quand Eugène est venu à Aubagne parler de la connexion entre nos tramways, on n'était pas dans l'incantation".
"C'est vrai que les maires [du pays d’Aix] sont venus vers le pôle métropolitain dans une position défensive pour éviter la métropole", a cependant reconnu Maryse Joissains. Pour mieux souligner que cet esprit a évolué, tout comme l’idée de coopération s’est développée au fil du temps depuis 2001 et le regroupement des 34 communes qui composent le pays d’Aix :
J'avais 33 Napoléon dans mon intercommunalité, il fallait voir les conseils, on était dans l’opposition systématique. Aujourd’hui, cela s'est réduit à deux ou trois maires, qui continuent à donner de la voix plus par coquetterie que par conviction.
Accélérer pour ne pas être distancés
Pôle métropolitain ou métropole, le débat est désormais "moins d’actualité" estime Jacques Boulesteix : "D'abord l'un n'est pas exclusif de l'autre. Et on compte une vingtaine de pôles métropolitains en réflexion en France (voir la carte ci-contre) pour une métropole sur un périmètre restreint (Nice, ndlr)". Il n'empêche, le trio doit "accélérer le processus et ne pas attendre encore un an alors que d'autres sont déjà né ou très avancés". Eugène Caselli les a cités dans son discours de bienvenue : le Sillon Lorrain, premier né qui associe Metz et Nancy ; Lyon et Saint-Etienne : Grenoble et sa région…
A Jacques Boulesteix qui demandait un "calendrier précis, resserré et public", Maryse Joissains a livré quelques indications. Le 28 mars, un protocole d'accord sera signé, servant de base à des discussions en juillet avec les conseils général et régional et le préfet. Puis à l'automne la version finale sera soumise aux communes et intercommunalités. Avec vraisemblablement uniquement Marseille, Aix et Aubagne. La porte restant ouverte par la suite pour Martigues et Ouest Provence dont les élus, absents samedi à la tribune, doivent par ailleurs se prononcer sur une fusion.
Vos commentaires
8 commentaires
sur "Marseille, Aix et Aubagne vers un pôle métropolitain en 2013"
Ricou 24., 23 février 2012 à 07:45 min
Je ne suis d accord avec les esprits critiques,notre territoire,nos communes ont un passé,une histoire politique qui font que les choses ne pouvaient pas se faire comme à Lyon par exemple.
Le temps,les hommes et femmes politiques avancent,les communautés ,les epci, donnent le mouvement.
Caselli est d ailleurs le partenaire idéal pour faire avancer le sujet,un autre bien plus politique,trop marqué ou avec une vision d hégémonie aurait fait capoter tout projet.
Profitons de la sagesse de Caselli,du charme de la Présidente du Pays d Aubagne et de la bonne volonté actuelle de la Mairesse d Aix pour travailler,nous avons aussi actuellement un bon préfet,à l écoute.
Demain les choses changerons,et tout risque d être que politique et pouvoir et les discussions bloquées.
Ricou 24.
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chris, 23 février 2012 à 00:22 min
De toute manière, à partir du moment où les collectivités ne sont pas d'accord pour regrouper leurs compétences dans une même structure, il n'y-a que deux solutions possibles :
- soit faire en sorte de répondre aux besoins à l'échelle de l'agglomération par des coopérations, logique de projet;
- soit un regroupement par la loi, ce qui avait été fait dans les années 70, donnant naissance au Grand Lyon par exemple.
Sachant que cette dernière démarche n'est absolument pas envisagée, plaider la création d'une métropole à l'échelle de l'agglomération serait un cas flagrant de démarche autistique ou de polémique politicienne stérile.
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Carnap, 22 février 2012 à 09:56 min
Il n'y a pas encore de projets mais il y en aura bientôt c 'est pas les idées ni les besoins qui manquent. Les élus communiquent et pensent à mettre en place des projets communs : c'est déjà bien, on ne part pas du même niveau que le Grand Lyon, on a des spécificités locales et il faut faire avec. La gouvernance PAR PROJETS permet d'éviter les transferts de compétences globaux (qui seraient inutiles comme vous le soulignez très bien). Concernant le fonctionnement de la structure, relisez l'article :
"Objectif général : qu'il ne soit pas, dixit Jean-Louis Urbain (du groupe de travail «Un pôle métropolitain opérationnel»), "une énième institution avec des voitures noires et un grand chef à plume". Magali giovannangeli acquiesce : "Plus l'organisation sera légère, mieux ce sera. Il faut fonctionner avec ce qui existe déjà"."
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chris, 21 février 2012 à 16:05 min
Pas de métropole à Lyon.
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Carnap, 22 février 2012 à 09:33 min
Pour le Grand Lyon il y a un pôle métropolitain : avec St-Etienne et la porte de l'isère etc
http://www.economie.grandlyon.com/metropole-lyon-pole-metropolitain-coop...
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Tresorier, 21 février 2012 à 00:36 min
Pendant que Lyon fait sa métropole (Nice c'est déjà fait), et construit un pôle métropolitain avec Vienne et Saint Etienne, Marseille fait un pôle métropolitain avec Pennes Mirabeau et Pennes sur Huveaune.
Pas le même niveau... En fait, au niveau de stupidité et d'incompétence notoire de nos élus. On cherche vainement ce qu'ils ont réussi : chômage, destruction des paysages, non protection de l'environnement, ségrégation sociale, problème de sécurité, problème de logement, tarif ahurissant des loyers, détournements de fonds, impôts astronomiques pour des services inexistants,....
On ne fait pas d'union sans projet commun. Ca tombe bien, il n'y en a pas. On ne fera donc rien avec ce nouveau machin, nouvel empilement administratif dans un contexte typiquement français alliant déjà trop plein et inefficacité. Mais clairement le but recherché.
On fait un truc pour ne rien faire. Comme Marseille et MPM se sont saignés aux quatre veine pour construire des infrastructures qui profitent aux EPCI à la con qui ne les payent pas et font profiter leurs exilés fiscaux d'impôts ainsi allégés, on n'est pas prêt de voir un projet commun.
Mais ça garantira à nos CHERS édiles de nouvelles indemnités.
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Carnap, 22 février 2012 à 09:57 min
Carnap, 22 février 2012 à 08:56 min
Il n'y a pas encore de projets mais il y en aura bientôt c 'est pas les idées ni les besoins qui manquent. Les élus communiquent et pensent à mettre en place des projets communs : c'est déjà bien, on ne part pas du même niveau que le Grand Lyon, on a des spécificités locales et il faut faire avec. La gouvernance PAR PROJETS permet d'éviter les transferts de compétences globaux (qui seraient inutiles comme vous le soulignez très bien). Concernant le fonctionnement de la structure, relisez l'article :
"Objectif général : qu'il ne soit pas, dixit Jean-Louis Urbain (du groupe de travail «Un pôle métropolitain opérationnel»), "une énième institution avec des voitures noires et un grand chef à plume". Magali giovannangeli acquiesce : "Plus l'organisation sera légère, mieux ce sera. Il faut fonctionner avec ce qui existe déjà"."
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Primperant, 21 février 2012 à 18:11 min
Si le but recherché est d'offrir plus de services aux habitants des bouches du rhone et que le modèle est celui de MPM, il a largement démontré son inéficacité. Cf les déchets...
Au moment où tout projet doit faire l'objet d'une concertation avec les riverains, comités d'interet de quartier, conseil de dévelopement et d'autres, la création d'une métropole va encore éloigner le citoyen.
Enfin, pour ce qui concerne les impots, les choix pésent lourdement sur la facture...pour n'en citer qu'un, le palais de la glisse était-il nécessaire pour une ville exangue?
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