La naissance est annoncée pour mi-2012. Vendredi, le conseil régional a voté le lancement d’un programme de libération des données publiques (open data). « Le principe est de considérer que toutes les données publiques doivent être publiées », rappelle Christophe Castaner (vice-président délégué à l’emploi, développement économique régional, enseignement supérieur, recherche et innovation), pour qui l’apparente évidence cache un acte politique fort : « Trop souvent les élus et gestionnaires pensent que le pouvoir est lié au savoir et que partager ce dernier serait donc perdre le premier ».
Des données sources d’applications
Ce qui se concrétisera, dans la lignée du portail data.gouv.fr tout récemment mis en ligne par le gouvernement, par l’ouverture d’un site Internet où l’on pourra trouver les données dont dispose la Région. « Cela peut être la liste des 180 lycées, des places dans les internats, le réseau des Eric (espace régionaux internet citoyen, ndlr) », cite Christophe Castaner.
Capture d'écran du site Handimap.org (informations sur l'accessibilité des espaces publics à Rennes à partir des données de la collectivité)
L’intérêt de l’open data ? Principalement stimuler de nouveaux services innovants réalisables y compris par de petites structures et favoriser l’information des citoyens sur les politiques publiques, résume le rapport qu’il a présenté. Et de s’appuyer sur l’exemple de Rennes, qui s’est engagé dans cette démarche il y a plusieurs années : « aujourd’hui, vous pouvez télécharger des dizaines d’applications sur la vie quotidienne qui en découlent » (à découvrir ici). Paris vient de son côté de publier la liste des lieux de tournage récents de la capitale, de quoi donner lieu par exemple à de belle balades thématiques.
Et chez nous ? « Imaginez que les caméras du tunnel du Vieux-Port soient publiques : forcément vous aurez un petit malin qui fera une application pour évaluer la circulation et vous proposer éventuellement des itinéraires bis. Et pour nous élus, cela donne aussi des moyens aux citoyens de nous contrôler davantage… » Comme par exemple de savoir à quoi sert le budget du Forum mondial de l’eau ? (vous l’aurez compris ça sert aussi beaucoup aux journalistes…)
Le CG13 sur les rangs
Histoire de susciter la créativité, le conseil régional lancera un concours de développement d’applications à partir de ces données. Et pour ne pas rester seul dans la course, il promet« d’aider les collectivités et organismes publics qui voudraient mettre en place de l’open data ». Christophe Castaner pense surtout aux petites structures qui n’en auraient pas les moyens. Mais des grandes collectivités comme la mairie et la communauté urbaine de Marseille n’ont pas encore officiellement lancé leur démarche open data…
Du côté du conseil général, si on en est pas encore au stade du vote comme la Région, on travaille dessus. Avec à l’avant garde Bouches-du-Rhône Tourisme (ex-comité départemental du tourisme), qui ouvrira son portail data.visitprovence.com au printemps prochain. Permettant le moment venu de dupliquer les réalisations déjà abouties.
Jeu collectif ?
Autre enjeu : « si tout le monde fait son portail open data dans son coin, on va en avoir partout et le petit utilisateur ne saura pas où chercher », avertissait en septembre sur Marsactu Olivier Rovelloti, fondateur d’une société marseillais qui développe des services dans le champ de la biodiversité. La délibération du conseil régional le dit d’ailleurs clairement : « les projets de libération des données peuvent être les catalyseurs d’une gouvernance rénovée entre les acteurs des territoires s’ils décident de travailler ensemble à la constitution des catalogues de données ».
Dans ce domaine, comme dans d’autres, Marseille Provence 2013 devrait servir d’aiguillon, via son « cadre numérique territorial commun ». L’idée : récupérer des données de nombreux partenaires (en particulier les collectivités), pour là encore faire naître des services innovants dans le domaine du tourisme, de la culture, des transports. Un projet encore au stade des négociations, mais qui est toujours à l’ordre du jour, nous confirme Roch Giraud, qui en est chargé à MP2013. Mais si l’association publiera de fait des données issues de sources diverses, on n’en est pas encore à la création d’un portail commun pérenne. Un dernier volet qui sera certainement le plus difficile, à voir la difficulté des « acteurs du territoire » à jouer collectif…
Une start-up marseillaise met la biodiversité en open data, sur Marsactu
Marseille Provence 2013 à l’ère open data, sur Marsactu
Les données de la ville de Marseille sur le vélo mises en carte par Marsactu
Le site d’Etalab, la mission gouvernementale chargée de l’open data
Le site de la société Data Publica, qui regroupe des données de nombreuses sources
L’association Regards Citoyens : l’open data appliqué à la politique
Outre-Manche : le très bon data blog du Guardian, précurseur en la matière
Vos commentaires
9 commentaires
sur "Le conseil régional Provence-Alpes-Côte d'Azur lance son programme open data"
jean-bernard, 21 décembre 2011 à 22:39 min
je trouve que 'le ravi' vilain petit français a un mauvais esprit
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Le Ravi, 21 décembre 2011 à 12:35 min
Salut Julien,
On pourrait commencer par la transparence concernant les montants consacrés par le CRPACA, le CG13 et MP2013 à ces projets d'Open Data.
On pourrait ensuite creuser pour savoir s'il n'y a pas, par hasard, quelques doublons...
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Arnaud, 20 décembre 2011 à 23:45 min
Super, on va avoir enfin les subventions versees aux associations, les marchés publics remportés, la liste des travaux et investissements dans les colleges, tout ceci exploitables et triturables sous notre tableur préféré... ...
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Julien VINZENT, 21 décembre 2011 à 10:31 min
Bonjour,
pour les subventions du conseil régional et général vous pouvez déjà les trouver ici http://www.regionpaca.fr/vie-associative-sport/subventions-versees-aux-a... et là http://www.cg13.fr/associations/associations/soutien-de-la-vie-associati...
Par contre la Région en est encore aux pdf, le CG13 est lui passé au fichier Excel pour les années postérieures à 2008.
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Phil, 20 décembre 2011 à 21:06 min
« Acteurs du territoire » / Jouer collectif = ahahah... Snif.
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jean-bernard, 20 décembre 2011 à 18:18 min
C' EST LA JUSTFICATION DES impots locaux?
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Julien VINZENT, 21 décembre 2011 à 10:35 min
Bonjour,
le conseil régional ne perçoit, à proprement parler, plus d'impôts locaux (taxes foncières et d'habitation), même s'il touche en revanche la Contribution sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), née de la suppression de la taxe professionnelle, et des taxes sur les cartes grises et les carburants.
En tout cas concernant le programme open data, il sera compris dans le budget global consacré au numérique (5 à 7 M€) mais "cela ne coûte pas cher, le plus gros est le travail de mobilisation en interne", nous a assuré Christophe Castaner. Ce qui coûtera cher, c'est par exemple le Schéma de cohérence régional d'aménagement numérique, pour faire passer du haut et très haut débit partout comme semble le vouloir tout le monde : 1 milliard d'euros sur 30 ans, dont environ un tiers qui serait financé par la Région...
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Irène Sogorb, 21 décembre 2011 à 11:35 min
Bon courage et bonne chance à "la mobilisation interne"..,
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joliette13, 21 décembre 2011 à 15:53 min
A priori, ils l'ont, le courage !
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