Nicolas Sarkozy lui avait ouvert un boulevard en zappant, lors de son meeting au parc Chanot fin février, le passage prévu sur Marseille. Au Dôme mercredi soir, son adversaire socialiste François Hollande s'y est engouffré, en attaquant son discours par une vingtaine de minutes évoquant la deuxième ville de France. "Sarkozy a fait une erreur de venir dire juste bonjour Marseille sans dire ce qu'elle représentait pour lui", commente le maire du 1/7 Patrick Mennucci, qui glisse que les locaux ont "travaillé avec Aquilino [Morelle, la plume de Hollande, ndlr] pour lier l'histoire de Marseille à la Nation".
Avec un accent particulier mis sur les "apports successifs de populations qui ont construit sa personnalité et son identité. Je salue Marseille et tous ceux qui l’ont peuplée" : les "Provençaux venus du haut pays", ceux qui sont "venus ici pour échapper aux violences et parfois aux génocides" (Juifs, Arméniens), "qui ont libéré aussi Marseille, en août 1944, Algériens, Sénégalais, des bataillons de l’armée d’Afrique", les "Italiens (...) chassés par la misère et le fascisme", les Espagnols, les Maghrébins, les Comoriens... "Et je n’oublie pas tous les autres, venus de plus près, les Corses, les Languedociens. Voilà Marseille ! Voilà la ville de la Méditerranée !" De quoi réjouir Samia Ghali, sénatrice-maire du 15/16. Et tant pis si les derniers arrivés, les Roms, n'ont pas encore droit de cité...
L'OM, Defferre et 2013
Avant cela, c'est une Marie-Arlette Carlotti (élue marseillaise membre du comité régional de campagne) survoltée qui avait chauffé la salle en capitalisant sur la victoire de l'OM la veille en Ligue des champions, aux côtés de la responsable culture de Hollande Aurélie Filipetti, un peu en-dessous. Avait suivi une séquence souvenirs vidéo pour illustrer la citation de Camus que "l'espoir est une mémoire qui désire", de Léon Blum au Pacs en passant par le 10 mai 1981 (et même le printemps arabe...). Puis trois discours dont on comprenait progressivement qu'ils "meublaient" - de l'aveu même des socialistes - face à quelques 9000 personnes, dont 3000 à l'extérieur, en attendant l'arrivée du candidat.
Hollande, lui, a habilement multiplié les marques d'"amour" pour Marseille, qui "a donné l’hymne de la République". D'abord un hommage à Gaston Defferre - alors que sa veuve Edmonde Charles-Roux était dans le carré VIP avec des élus locaux tous sourires à ces mots - puis une phrase qui a fait vibrer les spectateurs : "En 2013, je souhaite être le président de la République qui, ici, inaugurera la capitale européenne de la culture."
"Marseille, ville qui souffre"
"Je mesure aussi, venant ici régulièrement, le poids des inégalités, l’intensité des violences, l’insupportable injustice, la brutalité des ségrégations", a-t-il enchaîné, égrenant comme autant d'échec du "candidat sortant" les entreprises fermées ou en difficulté : Les 3 Suisses, Legré Mante, NetCacao, Fralib, LyondelBasell, la SNCM. Le candidat avait d'ailleurs consacré son après-midi à une rencontre avec des syndicalistes (à lire bientôt sur Marsactu). "On veut bloquer Mélenchon", qui est ce jeudi à Marseille, glisse Patrick Mennucci. Au Dôme, "face à [son] projet", il n'existait d'ailleurs qu'"un autre projet". Magnéto Esther :
Ses réponses à "Marseille, ville qui souffre" étaient elles incluses dans la suite générale du discours, où il a déroulé les grands axes de son projet : la jeunesse, l'école. Et, avec une insistance certainement pas fortuite, les quartiers défavorisés, où "il y aura dans ces quartiers des politiques publiques qui seront toutes amplifiées, renforcées, démultipliées".
Pourtant, tout en plaidant pour que "la banque publique d’investissement, celle qui sera créée au lendemain de l’élection présidentielle, ait une filiale dédiée aux quartiers pour développer l’entreprise" et "que dans tous les marchés publics de France, il y ait une clause d’insertion qui permette aux entreprises qui sont justement dans ces quartiers de pouvoir embaucher des jeunes", il a affirmé vouloir "mettre un terme au zonage, qui est une stigmatisation. Finies les ZRU, les ZUS, les ZRR ! Qui a envie de vivre dans une zone, d’appartenir à une zone ?" Une contradiction qui n'est (justement ?) que de l'ordre du langage, se défend Samia Ghali.
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Vos commentaires
12 commentaires
sur "Hollande en meeting au Dôme : "je vous salue Marseille""
Ricou 24., 28 mars 2012 à 07:09 min
Ce mercredi ça dépote sur new of Marseille.
Ricou 24.
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druide67, 16 mars 2012 à 10:47 min
Hollande demande a guérini de démissionner et veut que la justice passe mais tout ça c'est du vent, que font les samia ghali et compagnie a ses coté? Guérini, c'est un systéme et une bande d'élu vereux qu'il vaut éliminer, çà n'est pas un seul homme.
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poalagratter13, 15 mars 2012 à 18:29 min
Les chiffres donnés par Marsactu c'est "selon la police" ou "selon les organisations" ? Car un Dôme en jauge 8000 et 3000 dehors ça fait 11000. Chiffre sur lequel d'ailleurs tout le monde s'accorde. Je ne comprends pas cette désinformation.
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Julien VINZENT, 16 mars 2012 à 15:52 min
Bonjour,
les chiffres des organisateurs sont 8000 dedans, 4000 dehors. Nous avons pour notre part repris, non les chiffres de la police, mais ceux de l'AFP.
A bientôt
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jexprime, 15 mars 2012 à 19:08 min
BFM télé, celle ou tous les marseillais ont régardé Mennucci: 6000 personnes dedans et 2000 dehors !!
Tout compte fait, c'est bien que les Marseillais ai regardé BFM
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jexprime, 15 mars 2012 à 17:39 min
en tout cas, Mennucci le responsable de la campagne de Hollande à Marseille a été privé de micro.
Un bon signe !!!!
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Julien VINZENT, 16 mars 2012 à 15:55 min
Bonjour,
une précision : Patrick Mennucci est "un" responsable de la campagne dans les Bouches-du-Rhône, avec Eugène Caselli et Marie-Arlette Carlotti http://www.le13avecfrancoishollande.fr/2011/11/28/paca-le-comite-de-camp...
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poalagratter13, 15 mars 2012 à 18:27 min
oui mais il s'est fait au moins 30" sur BFM et il y avait certainement plus de Marseillais devant la télé
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jexprime, 15 mars 2012 à 17:38 min
Pas un mot sur Guerini qui était quand même bien representé par tous les politiques qui ont fait une carrière grâce à lui: Mennucci (ancien directeur de sa campagne municipale), Carlotti (ancienne porte parole de sa campagne municipale et conseillère générale qui lui a renouvelle sa confiance en votant pour lui il y a 1an), Caselli ( qui lui doit tout!), Andrieux et toute la clique !!!!
C'est beau la famille ....
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Julien VINZENT, 16 mars 2012 à 15:49 min
Bonjour,
je vous invite à lire les derniers paragraphes (mais peut-être n'avez-vous pas cliqué sur la deuxième page, on sait que les lecteurs ont un peu de mal à s'y habituer).
A bientôt
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perlus, 15 mars 2012 à 15:58 min
Incroyable ce Mennucci. Tout le monde sait qu'il est marginalisé par l'équipe de Hollande et il essaye de faire croire qu'il a écrit le discours du candidat.
pathétique
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antipropagande, 15 mars 2012 à 15:25 min
Allez : hier soir Hollande avait la ferveur en plus ! En souvenir ému de Ségolène Royal .... Marseille fait mentir ceux qui la bascule FN ! Marseille veut manifestement sortir le sortant .
Alors attention aux manip'de Sarko , que les électeurs ne se laissent pas distraire par des sirènes trop insistantes pour le sympathique Méluche, le vote utile cette fois est indispensable, la preuve :
http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/03/15/co...
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