Red List
Après les poissons, les oiseaux. Le comité français de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) en association avec le Muséum d’histoire naturelle et la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux) vient de publier sa « red list » des oiseaux menacés en France. 568 espèces d’oiseaux en France métropolitaine ont été recensées par les scientifiques qui ont travaillé sur cette étude, réparties en 3 catégories, les espèces nicheuses, hivernantes ou de passage.
Selon l’UICN « l’évaluation des menaces pesant sur les 277 espèces d’oiseaux nicheurs en métropole révèle une situation très préoccupante : 73 d’entre elles sont actuellement menacées sur le territoire, soit plus d’une espèce sur quatre« . En ce qui concerne les oiseaux migrateurs, la situation n’est pas meilleure. On le sait peu mais Marseille, notamment dans ses calanques et dans ses îles abrite une grande quantité d’oiseaux rares nicheurs, ou de passage , et qui figurent malheureusement sur la Red List.
Les rapaces marseillais menacés
Le plus célèbre d’entre tous est l’Aigle de Bonelli, inscrit dans la catégorie EN de l’IUCN (En Danger), avant-dernière marche avant le haut du triste podium RE (disparue de métropole). Il ne resterait que 30 couples de ce rapace en France dont 14 dans les Bouches-du-Rhône, notamment dans les massifs de la Sainte-Victoire et de la Sainte Baume. Un ou deux couples pourraient également subsister dans les calanques de Marseille. Ces oiseaux, dont deux représentants avaient été retrouvés morts empoisonnés par une substance interdite en octobre, une première, sont principalement victimes de l’électrocution à cause des lignes à haute-tension, la raréfaction de ses proies (perdrix rouges et lapins de garenne) mais aussi le dérangement sur leurs sites de reproduction.
Et une nouvelle perspective inquiétante vient s’y ajouter : le méga-projet de centrale solaire de Voltalia à la Barben, très sèchement critiqué sur ce point (et d’autres…) par la direction régionale de l’environnement, mais dont les permis de construire ont pourtant été autorisés par le préfet, une décision attaquée par la LPO. Le futur Parc National des Calanques, en limitant les accès à un certain nombre de falaises, pourrait sans doute être un des derniers moyens de sauver l’espèce, au moins sur son aire marseillaise.
Un autre beau et grand rapace » le Circaète Jean-le-Blanc » qu’on confond souvent avec l’aigle de Bonelli, niche lui toujours dans les Calanques. Si il reste assez rare et difficile à observer à Marseille, il n’est pas menacé figurant en bas de la Red List dans la catégorie LC (préoccupation mineure). Le Faucon pèlerin est un autre rapace, lui non plus pas menacé en France (LC), présent dans les calanques et sur l’archipel du Riou. Il resterait néanmoins également très rare car on estime sa population à 12 couples dans le département.
Les oiseaux marins des îles marseillaises également menacés
Autres espèces en danger, les oiseaux marins. Le Puffin Cendré, de la famille des albatros, est un oiseau de haute mer, qui migre l’hiver en Afrique et revient se reproduire au printemps dans les iles du Frioul et de Riou. Il est classé comme espèce vulnérable (VU) par l’UICN, comme son cousin le Puffin Yelkouan, une espèce qui n’est présente qu’en Méditerranée et ne se reproduit que sur les îles provençales. Egalement de la famille des albatros, et présente sur les îles de Marseille (une dizaine de couples), l’océanite tempête de Méditerranée est le plus petit des oiseaux marins. L’UICN ne l’a pas étudié, mais il est vraisemblablement aussi en grand danger.

Vos commentaires
8 commentaires
sur "Menaces sur les oiseaux des îles et des calanques marseillaises "
Marius, 17 juin 2011 à 00:56 min
Le Parc National des Calanques est une grande urgence.
C'est l'outil le plus approprié pour concilier la fréquentation humaine et la préservation de la vie animale et végétale.
Il faudra surmonter beaucoup d'égoïsme, d'ignorance péremptoire et de bêtise, mais il faut absolument le faire.
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jojo, 11 juin 2011 à 14:37 min
Allez-y, combattez le solaire. Pendant ce temps-là, d'autres que vous vivent au milieu des centrales nucléaires.
Vous mériteriez qu'on vienne enfouir cette saloperie dans vos jardins, tiens.
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liseron duveteux, 6 juin 2011 à 14:22 min
Lucide ,vous avez pu remarquer,que les espèces nuisibles sont toujours en expansion...
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liseron duveteux, 6 juin 2011 à 14:20 min
Lucide,pas mal,pas mal...,
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M34, 3 juin 2011 à 19:20 min
Une raison de plus pour mettre en oeuvre le parc !!
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Fred, 3 juin 2011 à 17:36 min
Hélas la sainte baume est soumise de plus aux promoteurs. Le maire du plan daups tien un double discour. Le PNR Ste baume depuis 20 ans en projet, toujours pas fait...
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druide67, 3 juin 2011 à 15:56 min
Il faut multiplier les espaces protégés sinon nos enfants ne verront ces animaux qu'en image.
Pour autant, protéger un espace ne veut pas forcément dire le fermer au public, car la protection perdrait en grande partie son intêret.
C'est là toute la difficulté de la chose.
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lucide, 3 juin 2011 à 12:46 min
Le nombre de rapaces marseillais diminue car ça manque de charognes et les pigeons sont de plus en plus avertis, par contre y'a plein de faisans et de grues...
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