C’est l’une des espèces les plus emblématiques de la région, que l’on aperçoit parfois dans les calanques et qui est menacée de disparition en France. Mi-août, les organisations chargées de sa protection déploraient « une perte considérable » avec la découverte des cadavres d’un petit et surtout d’une femelle adulte reproductrice dans le massif de la Sainte-Victoire. Le Conversatoire-étude des écosystèmes de Provence (CEEP) avait porté plainte contre X, la piste de l’empoisonnement étant évoquée.
Les analyses ont confirmé cette hypothèse, détectant la présence de Carbofuran, « un insecticide dont l’utilisation est interdite en France depuis le 13 décembre 2008 du fait de sa toxicité« , indique un communiqué commun des organismes participant au Plan national d’action sur le sujet. « Cette substance a des effets dramatiques sur la faune (poissons, oiseaux et même chiens ou chats). Il est encore utilisé de façon malveillante et illégale dans la confection d’appâts empoisonnés contre les renards et les corvidés (famille du corbeau, ndlr) en particulier. C’est une menace pour l’avifaune mais également pour la santé publique, les enfants pouvant entrer en contact avec cet agent toxique agressif en touchant des oiseaux retrouvés morts ou les appâts eux-mêmes. » De la belle ouvrage…
Lutte contre les « nuisibles »
A part un passionné de substances interdites, qui aurait pu placer ces appâts ? « L’aigle de Bonelli n’était pas visé directement puisque c’est un oiseau de proie. Il a donc dû se nourrir d’un oiseau empoisonné« , assure Cécile Ponchon, chargée de mission au CEEP. Ce qui montre bien les dangers d’une transmission dans la chaîne alimentaire. Elle penche pour « un agriculteur qui cherche à protéger sa récolte, quelqu’un qui a un élevage de volailles, ou un chasseur qui veut se débarrasser de renards qui tapent dans son gibier », tout en précisant qu’il ne s’agit en aucun cas de « cibler une catégorie« .
Si le Carbofuran est interdit, le communiqué rappelle que « d’autres substances très toxiques sont encore autorisées pour la lutte contre les micro-mammifères (rongeurs principalement, ndlr) » et que cela ne s’arrange pas, la puissance des produits étant de plus en plus forte pour contrer l’accoutumance. Avec le risque que cela tombe un peu sur tout ce qui passe. « La LPO rapace fait un travail auprès du gouvernement et de la Commission européenne pour qu’ils soient interdits« , note Cécile Ponchon. Sans succès pour l’instant, notamment à cause du lobbying des utilisateurs. C’est la première fois qu’un aigle de Bonelli fait les frais d’un empoisonnement, les électrocutions ou les destructions d’habitats, voire un tir étant jusqu’à présent les principales causes de mortalité.
Vos commentaires
2 commentaires
sur "Les aigles de Bonelli empoisonnés par une substance interdite"
jesus christ, 31 octobre 2010 à 06:45 min
pauvre rapace, y en a ils ont aucun respect pour la nature et ses creatures... empoisonner un aigle de bonelli, c est pitoyable... faut etre vraiment borné pour faire ça... on voit pas le rapport entre des possibles degats et un empoisonnemnt de cette maniere, les empoisonneurs sont suremnt atteint de troubles psychopathologique ou ont du etre attaquer durant leur jeunesse par ce rapace pour qu ils se vengent ainsi sans raison... ça menera suremnt a une piste concrete... quelqu un dont le rapce derange... non les animaux s empoisonnent pas entre eux...? suremnt un humain qui a la rage d ela creation... mais c est vraiment une question perplexe, tuer des animaux sans defenses de cette maniere, empoisonnemnt, faut vraiment etre vider de sentiment et etre une brute insensé...
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renard, 7 octobre 2010 à 02:27 min
Cet acte devrait être passible de prison.
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