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Culture / 2013

Marseille la nuit : mobilisation contre le "couvre-feu"

Le Borderbus, qui sillonne la ville en musique jusqu'à 1h du matin.

Le Borderbus, qui sillonne la ville en musique jusqu'à 1h du matin.

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Retiens la nuit… A Marseille, les mélomanes version noctambules voient leurs soirées se faire la malle et font grise mine, après que la police a fait couper le son à la Buvette Disco et la Cabane du Roucas Blanc, pour cause de non respect d’un arrêté préfectoral contre les nuisances sonores. « Il arrivera une nuit où les amateurs de décibels en plein air danseront les oreilles chaussées d’écouteurs », ironisait La Marseillaise. Un bon plan B pour 2013 ou au minimum une idée de projet pour les trublions du Off…

Mais pas de quoi rassurer les habitués de la liste longue comme une nuit sans musique dressée par La Provence le lendemain : Sport’s Beach, Point Barre, DJ’s du Soleil… Et le quotidien de l’avenue Salengro de se faire lui aussi mordant, répondant à la phrase culte « que fait la police ? » qu’elle doit à Marseille être plus occupée « à empêcher des jeunes gens en chapeau de paille et en maillot de bain de se trémousser sur le sable », qu’à combattre le banditisme, les trafics, et plus largement la périclitation de l’idée de l’espace public qu’ont illustrés récemment les deux « parkings squattés ».

Pétition et manifs

Deux articles qui ont créé un sursaut, via une pétition « pour la liberté à Marseille » adressée au préfet et au maire, qui affiche près de 800 signataires, et l’organisation sur Facebook de deux manifestations, samedi et lundi. La première mise sur le week-end pour rassembler le plus de monde possible. La seconde, qui pourrait rassembler 500 personnes, compte sur la venue très médiatisée du ministre de l’Intérieur et la prise de fonction du nouveau préfet délégué à la sécurité Alain Gardère. Objectif pour Nathalie Ramos, juriste membre du collectif « Sauvons les nuits marseillaises » qui l’organise : avant tout « faire modifier l’arrêté ». Une réunion du syndicat des hôteliers et cafetiers est par ailleurs prévue avec le préfet le 20 septembre.

« C’est incroyable que l’on puisse réprimer de manière aussi stricte, en ressortant un arrêté vieux de 10 ans qui n’avait jamais été vraiment appliqué, sans considération du cas par cas. A la Cabane du Roucas, la musique pourrait être plus forte sans déranger personne… », s’insurge pour sa part Jérémy Morjane,  animateur d’une émission sur Radio Grenouille et DJ, qui fait partie de ceux – nouveauté de ce mouvement – qui ont interpellé directement la mairie sur Twitter.

Trois fois rien réduit à zéro

« On est en train de réduire à zéro ce qui existait, c’est-à-dire déjà trois fois rien », s’alarme-t-il. Et la réponse de la ville sur le réseau social – un lien vers un clip reprenant la flash mob, la Fête bleue et le Festival des festivals, ne l’a pas rassuré… « Si la mairie considère que cela suffit, je crois qu’on mérite notre image », souffle-t-il. Il se félicite donc que « le public se rend compte qu’il a un poids électoral et qu’il a aussi une voix à faire porter ». Et de reprendre le mot de Sébastien Jibrayel, conseiller régional PS : « il faut arrêter de n’écouter que les trois qui se plaignent quand l’immense majorité se plait ».

Du côté de Marseille Provence 2013, qu’il a également interpellé et pour qui l’enjeu est crucial, « la réponse est stéréotypée (« Nous sommes pour un territoire qui bouge, qui vive et qui fasse la fête »), déplore-t-il. Mais on n’est pas au pays de Candy et il faudra bien aller un peu plus loin ». Si la mairie de Marseille s’est contentée de nous renvoyer vers la préfecture, certains élus ont toutefois donné de la voix pour soutenir le mouvement. Sébastien Jibrayel, déjà cité, et Sylvain Souvestre (UMP) ont réagi dans La Provence. Et Philippe San Marco, vice-président Convention Citoyenne de la communauté urbaine est intervenu directement sur le groupe Facebook des organisateurs d’une des manifs.

La cocotte-minute et mesures de bruit

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Plages Gaston Defferre
Promenade Georges Pompidou, 13008 Marseille, France

La Cabane du Roucas-Blanc, située de l’autre côté de la 2×2 voies de la Corniche

L’énarque de 64 ans, ancien dauphin de Gaston Defferre, confesse que la musique distillée par la Dame Noir ou le Borderbus, que Marsactu vous avait présentés il y a quelque semaines, n’est pas trop sa tasse de thé, mais « comprend que l’exaspération soit arrivée à son comble » avec le cas de la Cabane, située « loin de toute habitation ». De manière générale, « à Marseille à force de ne pas gérer les problèmes, on met un couvercle sur une cocotte minute qui finit par exploser », estime-t-il, faisant le parallèle avec le parking de la porte d’Aix.

Rappelant que la réglementation prévoit « des procédures pour mesurer les décibels et surtout pour d’éventuelles dérogations« , il s’élève contre « le refus systématique et général, avec l’arbitraire qui se met en place en fonction de la géographie électorale ». Du côté de la préfecture, on précise que certes le principe est l’interdiction générale, mais que le maire peut justement accorder des dérogations, dont l’absence est la cause des ennuis de la Buvette Disco et de la Cabane du Roucas Blanc. Cela n’empêche pour Philippe San Marco, il faut « mobiliser le service municipal qui est habilité juridiquement et équipé pour répondre au cas par cas et faire des études d’impact ». Nathalie Ramos ne dit pas le contraire : « qu’ils viennent avec des mesures, pas sur un appel de quelqu’un qui dit que l’on fait trop de bruit. »

Négocier quartier par quartier

Ensuite, Marseille a selon lui besoin « d’une charte générale qui pose les principes, puis de descendre quartier par quartier, je dirais même rue par rue, pour étudier : « là ce n’est même pas la peine d’en parler, là pourquoi pas » et après on adapte… » Demande reprise quasi mot pour mot par Jérémy Morjane qui plaide de manière similaire. A Marsactu, on pense notamment au quartier Euroméditerranée, qui avec ses bureaux et ses rues vides le soir, sa bonne desserte en transports et des équipements à proximité comme le Silo ou Les Docks des Suds, aurait le profil idéal pour accueillir un peu de vie nocturne… Et on garde en tête que le bruit n’est pas que musical et que si les normes européennes ne sont pas respectées dans de nombreux endroits à Marseille c’est avant tout à cause de la circulation, comme le montre la carte interactive de MPM sur le sujet.

Et, plus globalement, bien que la problématique a été maintes fois soulevée, avec forces réponses sur le mode « c’est vrai qu’il faudra se pencher dessus d’ici 2013″, le « nécessaire équilibre «  mais « Barcelone a bien trouvé des solutions », on cherche toujours la stratégie de la ville en la matière. Au-delà du plaisir – voire du droit tant qu’il ne rend pas la ville invivable pour les autres- des habitants de se rassembler après le boulot, un rapport de l’Ecole de guerre économique (sic) rappelait que « la nuit contribue à l’attractivité touristique, elle génère aussi toute une économie et de nombreux emplois, et participe au rayonnement international des villes. Elle concentre également toute une vitalité socioculturelle et artistique incontournable ». Alors que le nouveau préfet arrive pour faire diminuer l’insécurité, Nathalie Ramos avance même que le monde de la nuit peut y contribuer « car on se sent plus en sécurité dans une rue animée, éclairée… »

Maire de nuit à la hollandaise ou bureau des Temps à la parisienne ?

Cette étude, commandée par la mairie de Paris et la Chambre syndicale des cabarets artistiques et discothèques, comprenait notamment un benchmark des approches d’Amsterdam, Barcelone, Berlin et Londres, comparées à celle de Paris : « Maire de nuit », métro ouvert à pas d’heure, « observatoire des lieux de vie et diffusion musicale », « bureau des Temps » et « chartes locales des usages de rue ». « Vous croyez que ça n’arrive qu’à nous ce problème ? Bien sûr qu’il faudrait aller voir ce qui se fait ailleurs, mais encore une fois on est à la traîne », maugrée Philippe San Marco, qui cite notamment Genève et ses Etats Généraux de la Nuit. Plus simplement, Marseille pourrait commencer par mettre sur pied un site à l’image de Paris Night Life.

« C’est d’une manière générale qu’à Marseille c’est le couvre-feu tous les jours à partir de 20 heures », achève l’ancien socialiste : transports en commun couche-tôt, taxis chers, Vélos en libre-service remisés à minuit… On ajoutera que, si concertation il doit y avoir, il serait temps qu’elle soit menée via des instances autrement plus représentatives que les CIQ, dont le goût penchant plutôt pour le silence n’est pas forcément partagé, comme le font certaines villes en France via de véritables conseils de quartiers. On commence quand ?

Par Julien VINZENT, le 25 août 2011

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Vos commentaires

22 commentaires
sur "Marseille la nuit : mobilisation contre le "couvre-feu""

Tresorier, 10 septembre 2011 à 14:00 min

Je suis plutôt content qu'on créé un front de mer un peu plus joli que les maisons assez moches et incohérentes qu'on avait jusqu'alors.

Les boites de nuit peuvent être construites à part (style Bazar) ou dans la nature ou enfin vers les zones commerciales (La Valentine, Grand Littoral, Terrasses du Port,....).

Marius, 1 septembre 2011 à 23:37 min

Je suis très étonné de voir que l'on continue de bâtir à proximité immédiate des plages du Prado.
Pour installer là de futurs mécontents du bruit généré par l'animation nocturne ?

C'est analogue aux permis de construire délivrés à proximité des pistes des aéroports.

Pourquoi faire ?, 31 août 2011 à 21:12 min

Tout cela est honteux ,je propose de lancer une pétition afin de faire retirer le statut de Capitale Européenne de la culture 2013, si cela continue ainsi !

Liseron duveteux, 31 août 2011 à 07:52 min

On a les fêtes que l'on peut!
A Marseille la fête mediatico,crapulo, politique, a pris le pas sur toutes les autres.
On passe tous les jours à la télé...
D'ailleurs, il est question de renforcer les forces de l'ordre tellement ça bouge à Marseille.
C'est même la fête des Préfets.
Tous ceux qui se sont fait allonger depuis le début de l'année,c'était pas leurs fêtes?
Et nous sommes qu'à la fin aôut, les festivités ne sont pas finies.
l'apothéose est peut-être pour demain.
Avec Marseille on ne sait jamais.

Agibi, 30 août 2011 à 16:38 min

Y'a un groupe facebook pour adhérer et discuter du démontage de la vie nocturne dans les villes française? ça se passe aussi par chez nous au Havre, on a un groupe facebook avec 3000 inscrits mais c'est dur de mobiliser les gens en vrai. Y'a peut-être une centaine de motivés...http://www.facebook.com/groups/lhnouslanuit/
et vous???

Astrin, 29 août 2011 à 13:38 min

En attendant on peut toujours signer la pétition:

http://www.petitionduweb.com/Petition_sous_la_plage_les_paves_-9831.html

Alain Le Lougarou, 29 août 2011 à 00:04 min

Faut que JC.GAUDIN usé jusqu'à l'hallali démissionne de son mandat de maire et prenne d'urgence une retraite discrète à ST Zacharie.L'histoire prouvera que ce maire et sa garde rapprochée,MUSELIER jusquà il y a peu,ROATTA,BLUM,ROCCA SERRA MALRAIT et VASSAL ont géré la ville en clan et dans l'intérêt de quelques uns.Marseille est en quasi faillite morale et financière.La seule période positive de GAUDIN a été celle...des inaugurations des projets mis en oeuvre par R.VIGOUROUX .VIGOUROUX avait rétabli les finances mises à mal et conçu des projets nobles.GAUDIN s'est contenté de garder le pouvoir en faisant des alliances occultes avec le parti socialiste local et en jouant l'amuseur public à la mode Fernandel,le talent en moins.

Tresorier, 28 août 2011 à 10:24 min

Les nuits marseillais sont déjà presque inexistantes et quelques vieux grincheux trouvent que cela est encore trop.

Signe manifeste du vieillissement de la population française et surtout provençale, ou s’agglutinent les vieux de tout le pays pour mourir tranquilles, quitte empêcher l’installation de nouvelles activités.

Après avoir bouffé en une génération les économies de la France, que plusieurs générations auront l'obligation de rembourser, les vieux veulent ils aussi empêcher aux jeunes de vivre leur jeunesse ?

Si des enfants peuvent renoncer à la succession de leurs parents, les jeunes peuvent ils renoncer aux dettes et à toutes les erreurs de la vieillesse.

On prépare dans ce pays une guerre des ages.

Chris, 29 août 2011 à 12:48 min

J'allais rédiger un commentaire identique au vôtre, quasiment mot pour mot...
Que rajouter ?
Qu'une importante partie de ceux qui râlent (les mafieux d'Endoume, entre autres) sont d'anciens repris de justice qui n'étaient pas si grincheux lorsqu'ils faisaient tourner à plein leurs établissements, machines à laver de l'argent de la prostitution et du traffic d'héro ?
Que certains ont encore des intérêts dans ces mêmes structures qui rêvent de récupérer tous ces jeunes qui s'éclatent à la Buvette ou à la Cabane ? Ils peuvent rêver...

rija1984, 28 août 2011 à 01:24 min

Tout cela est honteux ,je propose de lancer une pétition afin de faire retirer le statut de Capitale Européenne de la culture 2013, si cela continue ainsi !

santecom, 28 août 2011 à 00:57 min

"Et, plus globalement, malgré que la problématique a été maintes fois soulevée, ....."

"Malgré que..." n'est pas français. "Bien que", "Quoique" le sont.

De rien.

Adam, 27 août 2011 à 23:42 min

Et pourtant ce que l'article oubli c'est qu'il n'y avait que 30 personne à cette manif et ce malgré un samedi et les 1000 inscrits sur fb....décevant

kika, 27 août 2011 à 21:59 min

les marseillais !! une p'tite pincée d'OM pour l'erection de leur chauvinisme , un nuage de soleil pour se prelasser sur les plages du prophète ou de borely ! un extrait de plus belle la vie pour flatter leur ego ! et ils oublient les luttes pour leurs libertes et leurs droits !!!!

toine, 26 août 2011 à 21:30 min

"A Marseille à force de ne pas gérer les problèmes, on met un couvercle sur une cocotte minute qui finit par exploser".

La question est quand les marseillais vont-ils enfin exp(l)oser leur colère aux élus?
Quand allons nous enfin exprimer notre exaspération face à la nullité des élus marseillais et leurs inlassables gueguerres de pouvoirs qui entravent le développement de Marseille? Quand allons nous enfin leur demander des comptes???

Le chomage, l'insécurité, la saleté, l'inertie culturelle et nocture de cette ville empirent année aprés année... Pourtant les marseillais (supposés grandes gueules) font preuve d'un attentisme et d'un silence bien embarrassant!
Alors à quand le rassemblement du RAS LE BOL GENERAL contre ces GUIGNOLS d'élus? A eux d'être la risée de la France, pas aux marseillais!

fanaco, 26 août 2011 à 20:24 min

Vous pouvez faire tout le bruit que vous voulez dans Marseille ; les autorités s' en moquent et s'en contrefichent .
Par contre , bonnes gens ,malheur à ceux qui dérangent les habitants du Roucas et autres lieux bourgeois dans leur tranquillité nocturne .....
Selon que vous soyez puissant ou misérable , vous connaissez l

lydieliberty, 26 août 2011 à 20:09 min

De tout cœur avec cette protestation, je suis invalide et ne peux y participer. Une remarque cependant sur le sondage en début d'article ("et vous ça vous rend ?"): la question est mal posée: car je suis furieuse de la façon dont les nuits sonores à Marseille sont réduites à leur strict minimum alors que je suis heureuse de savoir que des manifestations existent pour le dénoncer. Alors que répondre ??

PROXITEL, 26 août 2011 à 19:15 min

Y-a-t-il un maire dans cette ville ? à voir l'accumulation de problèmes, je ne dis pas non résolus, mais carrément non pris en charge ! on peut se le demander. Monsieur Gaudin , s'il vous plait, arrêtez de nous faire porter des bonnets d'ânes ! si le Sénat vous accapare, laissez des femmes et des hommes compétents et disponibles prendre en charge les affaires d'une ville que vous laissez à l'abandon. Monsieur Sanmarco a raison sur le diagnostic mais, qu'il s'agisse de la question gravissime de l'insécurité ou de l'organisation du "vivre ensemble paisiblement" entre jeunes et seniors, entre fanas de musique et gouteurs de silence etc....sur toutes ces questions de civisme donc et sur beaucoup d'autres, les remèdes passent par la mobilisation citoyenne autour d'élus respectés et intègres! C'est ce vaste changement qu'il faut préparer.

VieuxPort, 26 août 2011 à 19:07 min

Les CIQ sont des boulets, bien aidés par Gaudin...

RLa, 26 août 2011 à 18:05 min

Je veux bien que nous soyons lamentables en matière de concertation, mais de là à prendre les conseils de quartier français comme exemple...

reeload, 26 août 2011 à 18:01 min

c'es affreux comme on se fait chier sur Marseille la nuit !!! sérieux, faut se bouger, ouvrir des vrais et grands etablissements !! ça fait venir les jeunes, les etudiants ... c'est ce qui fait battre le coeur d'une ville aussi !!

reeload, 26 août 2011 à 17:59 min

il n'y aurait cas aménager le frioul en Ibiza ^^

Lagachon, 26 août 2011 à 17:09 min

On commence quand ? Très bonne conclusion :-)

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