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Culture / 2013

le guide du "survivor" marseillais

"Marseille manuel de survie", Editions Les beaux jours, 155p, 9,90€

"Marseille manuel de survie", Editions Les beaux jours, 155p, 9,90€

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Survivre entre les envahissants bancs de cagoles ou autres monticules d’immondices… découvrir les joies des transports en commun, l’ambiance typique du PMU du quartier, les bonnes pratiques politiques locales ou encore le découpage d’une terre enclavée. Pas facile facile pour tout nouvel arrivant de cerner cette ville multifacette qui véhicule nombre de clichés plus ou moins véridiques. « Marseille manuel de survie », écrit par Jean-Laurent Cassely et illustré par Philippe Carrese, dont Marsactu publie aujourd’hui les bonnes feuilles, en brosse un drôle et authentique portrait en 33 chapitres et autant de lieux communs : « Bobos », « Fini-parti », « Piston », « Raggaïoli »…

« Un livre qui ne sert à rien »

Jean-Laurent Cassely. Photo : Julien Chaussé

Jean-Laurent Cassely n’en est pas à son premier guide de survie. En 2010 est déjà paru un ouvrage reprenant le même concept sur Paris (« Paris manuel de survie », Editions Parigramme, 2010), bénéficiant d’un large succès : « on est actuellement à environ 8 000 exemplaires vendus, ce qui est une grosse surprise pour mon éditeur et moi ». S’est donc posé légitimement la question de faire la même chose avec Marseille, « la seule ville avec Paris et peut-être Lille qui possède une forte identité permettant la rédaction d’un livre comme celui-là ». Pour mémoire, un guide plus strictement pratique destiné aux néo-Marseillais est déjà sorti au mois de juillet dernier.

Le jeune auteur de 31 ans est né à Marseille mais n’y a vécu que jusqu’à ses sept ans avant d’y revenir récemment. « J’avais un peu oublié ce que c’était que cette ville et j’avais finalement beaucoup d’idées reçues. Je me suis aperçu qu’en fait, Marseille était tranquille, quelque part entre l’image du « Chicago européen » et de l’idéalisation que peuvent en faire certains parisiens par exemple, comme la ville branchée du moment », raconte-t-il.

Il ne  saurait pas vraiment dire à qui est destiné ce manuel de 155 pages : « ce n’est pas un vrai guide sérieux, j’aime bien dire que c’est un livre qui ne sert à rien – ce qui n’a pas convaincu mon éditeur au premier abord – mais c’est quelque chose de léger fait pour s’amuser et ne pas trop se prendre au sérieux. Je crois qu’il peut convenir aux néo-Marseillais arrivé il y a deux ou trois ans, un peu comme moi finalement, et qui veulent se replonger dans leur traumatisme ! A partir d’images préconçues, de caricatures,  j’ai voulu apporter un regard nouveau sur la ville, parfaire le mythe de la cagole par exemple (en y ajoutant le profil de la « cagole wesh wesh , dite aussi petite cagole », NDLR) ».

Entre caricatures et vrais conseils

S’il n’est donc pas à prendre au pied de la lettre, ce guide recèle de petites anecdotes et indications authentiques qui feront sourire les vrais Marseillais et informeront les nouveaux venus : le quartier du Mistral n’existe pas, impossible de prendre un vélo en libre service après minuit, explication du « fini-parti », liste des quartiers « boboïsés », etc. On y apprend également comment écrire un polar marseillais sans se fatiguer ou « s’il faut être corse, syndiqué et membre de l’amicale bouliste pour décrocher un entretien d’embauche à Marseille ». Jean-Laurent Cassely a mis six mois pour écrire ce livre, bien aidé par « The guide of the Provence en 2001″, coécrit en 2001 par son père, Jean-Pierre Cassely et le même Philippe Carrese. Tout en procédant à une dizaine d’entretiens ciblés dans plusieurs milieux sociaux.

L’auteur se dit attaché à Marseille, même si c’est « la seule ville où on essaye de plaquer un modèle voué à l’échec » en référence au néo-quartier Euroméditerranée. Tous les clichés décrits dans ce manuel avec détachement et un ton clinique sans concessions forment finalement un ensemble plutôt cohérent avec le mérite d’aborder autant de thèmes qui font ce qu’est Marseille aujourd’hui : une ville unique dans son genre.

Un lien Ici, le lien vers l’article de Marsactu pour la sortie du guide « S’installer à Marseille, l’anti-guide touristique »

En attendant la ruée vers toutes les bonnes librairies à partir du 15 septembre, voici ici quelques extraits « Marseille manuel de survie » (2011, éditions Les beaux jours, 155p, 9,90€) :

D’abord quelques morceaux choisis :
Le Parisien : « Dans l’esprit du Marseillais moyen, un Parisien est une personne venant du nord d’Avignon, ayant de ce fait un accent pointu ou une absence d’accent marseillais, ce qui revient au même. Il n’est donc pas nécessaire que vous résidiez à Paris, encore moins que vous y soyez né, pour être qualifié de Parisien. »

« PPP » (Prado, Perrier, Paradis) : « Tout jeune, le PPP est ainsi séparé des autres Marseillais et évolue en milieu préservé : ses parents se réfugient avec lui le plus loin possible, idéalement sur les hauteurs du Roucas-Blanc, sorte de Beverly Hills local. L’idée étant d’éviter au maximum la contamination marseillaise et ses symptômes (accent marseillais, port du jogging en soirée, fréquentation des virages du stade, géographie mentale située entre L’Estaque et Les Goudes, etc.). »

Le marché aux puces : « Le marché aux puces de Marseille, régulièrement dénoncé comme marché à la sauvette ou marché de la misère, est l’épine dans le pied des plans de réhabilitation marseillais visant à transformer la ville en un improbable centre d’affaires euro-méditerranéen. Trop bordélique, trop encombré, ce marché géant serait en voie de normalisation. On envisagerait de lui donner un nom qui fait moderne et world culture, du genre “marché des cinq continents”, afin d’y promener les croisiéristes. On pourrait vous dire d’y aller vite avant que ce morceau de “trash market” marseillais ne se transforme en halle à brocante Côté Sud et en étals d’épices orientales à 9 € les 100 grammes… Mais bon, en fait, on n’y croit pas un brin. Vous avez encore le temps ! »

Les bonnes feuilles… à feuilleter :

Par Clément CHASSOT, le 12 septembre 2011

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Vos commentaires

8 commentaires
sur "le guide du "survivor" marseillais "

koukou, 13 septembre 2011 à 18:58 min

Marseille se résume ! l'OM, "Plus Belle la Vie", la Pétanque, les Paresseux, le Pastis, la Crasse, le "tombé du camion", les achats "en affaires" ,les magouilles politiques, la Grande bouche .....LP
Pôvre Marseille !!!!

Marqueur, 13 septembre 2011 à 17:18 min

Il n'est pas mal ce petit coran des Marseillais, mais vous avez quand même oublié que Marseille et sa vie débridée sont souvent la risée du monde. C'est un peu comme les histoires belges en somme, on pourrait se moquer des Marseillais à longueur de journée

chrisequateur, 13 septembre 2011 à 15:05 min

C'est sympa de publier les bonnes feuilles... mais vous risquez avec ce procédé de freiner les ventes! Dommage, non?

Pierre BOUCAUD, 13 septembre 2011 à 16:12 min

Justement non, nous ne publions que 3 chapitres sur 33 et c'est bien entendu avec l'accord de l'éditeur et de l'auteur. C'est le principe bien connu du teaser, demain j'enlève le bas....

chrisequateur, 13 septembre 2011 à 17:11 min

Je sais bien Pierre, mais c'est aussi connu dans l'édition que souvent, les "bonnes feuilles" suffisent au bonheur du lecteur occasionnel qui n'ira pas voir plus loin.
Nous, nous irons!

Roberta, 13 septembre 2011 à 14:25 min

« Dans l’esprit du Marseillais moyen, un Parisien est une personne venant du nord d’Avignon, ayant de ce fait un accent pointu ou une absence d’accent marseillais, ce qui revient au même. Il n’est donc pas nécessaire que vous résidiez à Paris, encore moins que vous y soyez né, pour être qualifié de Parisien. »

Très vrai, à Marseille le vrai racisme n'est pas où on le pense.....
Bon ! après 40 ans de vie, de travail, de participation, de consommation à Marseille,
je n'ai qu'une idée, c'est m'en aller .....c'est en bonne voie
(car depuis 40 ans, avec mon accent, ma peau trop blanche,des cheveux roux, un nom un peu trop compliqué, on me demande encore d'où je viens, si je suis Française !!!!!
Alors ! au revoir Marseille sans aucun regret !
Du soleil il y a en dans beaucoup d'endroits
et vos bouquins et clichés vous ridiculisent surtout...
Votre ville est malade et vous n'êtes pas forcément un remède.

Liseron duveteux, 13 septembre 2011 à 20:50 min

Y a t-il un remède,Roberta ?

mattini, 22 septembre 2011 à 16:51 min

Non malheureusement Marseille est une ville incurable...!

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