Cette fois, il semblerait que se termine le dernier épisode de ce qui était devenu une saga. La mairie d'Aix-en-Provence vient d'annoncer officiellement la tenue d'une exposition sur l'écrivain Albert Camus en 2013 - année de capitale culturelle - baptisée Camus, un homme révolté, au lieu de Camus l'étranger, le titre de l'événement initialement prévu puis annulé.
L'exposition sera intégrée dans un triptyque consacré à l'auteur, dont les deux premiers opus, prévus de plus longue date, s'intitulent respectivement Camus et la couleur et Camus et les essais. Ce troisième volet, mené par le philosophe Michel Onfray (auteur notamment de L'ordre libertaire. La vie philosophique d'Albert Camus - paru chez Flammarion), au poste de commissaire d'exposition, débutera le 7 novembre 2013, date du centenaire de la naissance de l'écrivain. Un revirement inattendu, déjà évoqué toutefois, quelque temps après le fiasco provoqué par l'annulation du premier projet. Prudence et scepticisme régnaient face à ce qui paraissait précipité au regard de la réaction du principal intéressé - Michel Onfray - qui s'était alors déclaré à peine informé d'un tel projet.
"Un amoureux de Camus"
Sophie Joissains, adjointe à la culture à la mairie d'Aix-en-Provence, qu'elle représente au conseil d'administration de Marseille-Provence 2013 s'est aujourd'hui félicitée : "L'exposition aura lieu comme elle devait avoir lieu, avec Michel Onfray, un amoureux de Camus". A en croire les propos de l'élue, Catherine Camus, propriétaire du fonds d'archives Albert Camus, serait enthousiaste à l'idée de travailler avec celui-ci, qu'elle connaîtrait pour l'avoir aidé par le passé à écrire une biographie sur son père.
Quant à la nature de l'exposition, elle devrait évidemment différer de celle prévue initialement avec l'historien Benjamin Stora. Selon Sophie Joissains, "L'exposition portera sur l'étendue de la pensée d'Albert Camus, qui ne sera pas seulement figée dans un contexte historique particulier mais qui sera une véritable exploration de toute sa vie et de son oeuvre. Le projet diffère totalement de ce qui avait été imaginé au départ. Avec Benjamin Stora et Bernard Latarget (ancien patron de l'association Marseille-Provence 2013, ndrl), l'idée était de confronter Camus à l'histoire. Le parti pris aujourd'hui est différent, mais la qualité sera au rendez-vous." Une évolution perceptible dans le changement de nom de l'exposition. De "l'étranger" - et tout ce que le terme peut évoquer au regard de la volonté d'ouverture sur le bassin méditerranéen de MP2013 - il devient le titre plus attendu de l'un des essais philosophiques de Camus. Reste à espérer que le contexte historique et le caractère méditerranéen de l'auteur ne passeront pas pour autant à la trappe.
Désormais piquée d'une apparente passion pour l'écrivain, la mairie aixoise révèle également la naissance d'un projet de musée dédié à Albert Camus. Une façon de pérenniser l'événement prévu en 2013. "Une idée de Michel Onfray, qui enthousiasme tout le monde", a déclaré Sophie Joissains. A suivre...
>> Actualisation le jeudi 2 août : Ci-dessous la réponse que Michel Onfray nous envoie aujourd'hui ainsi qu'à l'AFP. Passons sur le fait que la mairie s'était engagée à ne divulger l'information qu'en septembre par respect pour Benjamin Stora. Le philosophe Onfray rappelle sa reconnaissance pour le travail de l'historien, et explique également que la condition ultime pour être commissaire de l'exposition Camus était que le commissariat "préludait à la pérennisation de ce travail dans un Musée Albert Camus", projet déjà accepté par Maryse Joissains.
Vos commentaires
10 commentaires
sur "Camus, l'homme révolté a-t-il gagné ?"
cirta, 31 août 2012 à 17:14 min
A hurler de rire....Stora est un lambertotrotskyste qui a clairement choisi son camp....C'est son droit...
Quant au statut inique,il faut savoir qu'à la fin du xixéme siecle,les Oulemas ont interdit aux musulmans de devenir francais à part entire,car ils devaient bien separer vie publique et religion...Mais,je dois affabuler....Pour vieux patriote,nous ne sommes qu'un ramassis de fascistes,racistes,colonialistes...et zut ,je n'ai meme pas de sang francais dans les veines...
Quant aux cimmetieres juifs et chretiens saccagés dont celui de Mondovi,c'est bien fait pour nous....Stora n'a jamais protesté mais c'est un type bien....
- Signaler un abus
Luce Caggini, 6 août 2012 à 02:59 min
Maintenant que nous les pieds-noirs sommes ainsi donnés pour être un mélange de trente six races de mariages différents, il me revient de dire que
1, je suis un agent double depuis que j’ai découvert que ma mère n’était pas une bonne française de souche mais de cargaison d’Espagne ou arabe marocaine
2 Que mon père qui était corse n’était pas corse depuis que par mon art de vouloir tout contrôler par moi-même j’ai une bonne marge de cartouches de Sicile dans mon sang …..
Je montre au Maire de la ville de Aix -en Provence que 40mille pieds-noirs en font plutôt 49 999 menteurs de mauvais genre
infiniment mal partagés dans le maquis des électeurs .
Mais outre le fait qu’ ils sont nés en Algérie, nommer ces mariés de l’An Quarante avec l’ empreinte du couple Maryse Joissains-Massini en chef des malfrats outre Méditerranée me met dans un état de mutante des années trente dans lequel non-sens et sens interdit sont mes deux chemins de croix.
Dans ce cas ,ma façon de n’apporter qu’une participation à ce manège ,fait de moi une oranaise murée dans le moule d’ un petit comptable français .
Dans ce même cas, ma raison de ne valider ma manade que de deux sangs mêlés me font gérer le mot de pied-noir comme l’emplâtre d’un vocable marginal nommant ces 40 mille personnes comme 40 mille noms d’ oiseaux de nids de coucous de magnaneries ingérables valant à annuler cette dénomination de pied -noir et à les considérer comme 40 mille ordinaires citoyens .
Sans refuser la partie belle à Michel Onfray, je donne mon choix à Benjamin Stora qui a à son actif un don majeur ,celui de ne pas manipuler les mots dans les angles dont Albert Camus aurait du mal à naitre sans pervertir le vent de l’Histoire .
Mais intelligemment Michel Onfray ne pourrait se passer d’ un historien aussi prégnant que Benjamin Stora.
- Signaler un abus
Chris, 2 août 2012 à 18:18 min
Excellente nouvelle.
La récupération politicienne de sa pensée (pardon, historicienne », wouarf wouarf..) était en soi la pire insulte que l'on pouvait faire à la mémoire de cet homme qui, de son vivant, s'était précisément toujours défié de ces manœuvres.
Les bien-pensants en seront pour leur compte.
- Signaler un abus
Manipulite, 2 août 2012 à 18:16 min
C'est fou comme une sèche défaite aux législatives a permis à la famille régnante à Aix de découvrir Camus. Celle qui partage "les valeurs de Marine Le Pen" et qui ne veut "pas un seul Rom dans sa commune" a donc reçu Onfray et l'a fait savoir avec son inélégance habituelle.
Souhaitons pour Camus une pleine réussite de l'exposition qui verra le jour à la faveur d'un concours de circonstance post électoral (législatives de 2012) et pré-électoral (municipales de 2014)
Quant au Musée Camus, Onfray apprendra que "les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent"
- Signaler un abus
Chris, 2 août 2012 à 18:23 min
C'est quoi le rapport entre les élections et la fille Camus ?
C'est quoi le rapport entre l'éviction du politique STORA et les roms ?
Encore un coup de Sarko, ça c'est sûr...
- Signaler un abus
Manipulite, 3 août 2012 à 10:08 min
@Chris,
Je n'ai pas fait de lien entre les élections et "la fille Camus" comme vous l'écrivez; mais entre les résultats des électrions et le revirement de la position de la ville d'Aix.
Je n'ai pas parlé de Stora que vous qualifiez de "politique"
Pensez à (vous) poser les bonnes questions.
- Signaler un abus
Chris, 3 août 2012 à 13:07 min
Effectivement vous n'avez fait qu'énoncez des faits épars sans établir aucun lien de causalité entre eux, c'est bien ce que je voulais souligner par un commentaire aussi absurde que le votre...Ce qui vous a semble-t-il passé au dessus...
Donc jusqu'à démonstration de causalité, AUCUN rapport entre les élections et le revirement NON PAS de la ville mais de la fille Camus...
Pensez à poser de bonnes démonstrations lorsque vous alléguez des faits.
- Signaler un abus
Anonyme, 3 août 2012 à 15:23 min
Pas de revirement de la ville ? Relisez les précédents articles sur ce sujet.
Quant aux causes politiques du revirement de la ville, il suffit de regarder le calendrier et d'y trouver, disons, une causalité temporelle. Si la Députée sortante avait été réélue, la Municipalité n'aurait fort probablement pas envoyé un intermédiaire pour rencontrer Onfray dans un café à Nice pour lui faire l'offre de reprise.
Votre défense de la ville vous fait oublier les faits et le sens commun.
- Signaler un abus
Chris, 4 août 2012 à 17:38 min
"SI la député sortante", (...), (la municipalité n'AURAIT"...
SI ma tante en avait, ce serait mon oncle...
La défense de votre THEORIE vous fait oublier les faits pour des spéculations et du conditionnel à n'en plus finir...
DES FAITS, RIEN QUE DES FAITS (rapportés dans ces mêmes colonnes) : l'expo capote car d'un côté la fille Camus rapporte qu'"on" (STORA) ne lui a rien demandé, et de son côté STORA, du haut de toute sa prétention, explique qu'il n'a rien demandé car il a autre chose à faire...
STORA mis sur la touche, la fille Camus rentrouvre la porte...
OU est la mairie dans ces FAITS ?
- Signaler un abus
Vieux Patriote, 2 août 2012 à 11:59 min
A propos de Camus (qui avait écrit un reportage remarquable sur la misère en Kabylie) et de l'Algérie ,il faut lire le livre écrit par un journaliste pied-noir "Jacques Chevallier l'homme qui voulait empêcher la guerre d'Algérie « Passionnant On y apprend ,entre autre , comment les activistes ont saboté la réunion organisée à Alger pour la paix civile ! Quant à l'éviction de Benjamin Stora , elle est sans doute en relation avec sa déconstruction pertinente de la Légende dorée de l'Algérie Française .Sur le sujet il faut lire aussi de Pierre Darmon , un oranais ,l'excellent "Cent ans de passion algérienne" y sont détaillés les iniques statut des officiers, instituteurs algériens, le Code de l'indigénat etc
- Signaler un abus