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La Sodexo avale pour 7 ans le marché des cantines marseillaises

Pierre Bellon au talk le Figaro

Pierre Bellon au talk le Figaro

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C’est un des plus gros marchés de restauration collective d’Europe. Un contrat de 45 000 repas par jour, pendant 7 ans. Environ 140 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et bingo c’est le leader mondial de la restauration collective, la Sodexo, qui décroche le gros lot. Un contrat qu’il partageait depuis 7 ans avec son concurrent Avenance.

2 en 1

Le marché n’est pas encore officiellement acté, il le sera lundi prochain lors d’un vote au conseil municipal. Mais ça devrait glisser comme un plateau repas dans un self : l’opposition municipale, devrait déposer un amendement très cuisine légère sur le sujet. Pourtant, chez les concurrents de la Sodexo et les associations de parents d’élèves, la digestion risque d’être un peu plus difficile.

D’abord, la Sodexo a réussi un coup de maître : non seulement elle conserve son marché, pour 7 années supplémentaires, mais en plus elle en récupère 100%, en sortant au passage Avenance de Marseille. Car même si Avenance était moins cher sur chaque lot (1/12 et 13/16), c’est la Sodexo qui est le moins disante sur l’ensemble. La mairie justifie ce choix d’un seul lot par les économies réalisées (800 000 euros par an par rapport à l’ancien contrat) et également pour plus d’efficacité en terme d’organisation. Comme du coup on passe de deux cuisines centrales à une seule, Sodexo a donné des garanties qu’il n’y aurait aucun problème d’approvisionnement en cas de grève (mais où vont-ils chercher tout ça ?) par exemple. Les plats seront préparés et livrés par d’autres cuisines Sodexo.

30% de bio

On n’est pas sur en revanche que recréer un monopole, en plus sur 7 ans, soit la meilleure des façons de défendre l’intérêt de la municipalité, notamment face à une multinationale de cette taille. Mais on voit sûrement le mal partout. Pour remporter le marché, en dehors des prix la Sodexo l’a aussi joué bon élève sur le bio : 30% du repas sera certifié AB. La lettre du directeur de WWF Serge Orru, adressée en mars à Jean-Claude Gaudin, aurait-elle, avec la mobilisation de parents d’élèves, réussi à mettre la pression ?

En tout cas à la base les deux concurrents, qui n’ont pas souhaité communiquer, n’étaient pas chauds : « nous pensons que le bio n’est pas en adéquation avec le développement durable« , osait dans Marseille l’Hebdo Avenance, tandis que Sodexo expliquait que « Marseille est une ville pauvre. On ne peut pas servir du bio dans les cantines et augmenter de 35% le prix du repas. » Visiblement on peut même les baisser…

Bon, à y regarder de plus près, il s’agit en fait du pain, qui sera 100% bio, et d’un autre composant du repas comme un légume, un fruit ou un dessert. Deux composants sur six égalent donc un tiers de bio, que la mairie, bonne joueuse, arrondit à 30%. Sauf que, si a première vue c’est plus que ce que l’Etat s’impose dans ses propres cantines en 2012 (20%), ce chiffre se calcule en volume ou en montant des commandes, comme le montre le référentiel officiel du ministère du développement durable… Et on peut regretter qu’aucune progressivité n’ait été intégrée pour accompagner le développement du bio. Même chose sur la provenance des produits. La multinationale se serait engagée à s’approvisionner en partie auprès des producteurs locaux. Mais sans aucun engagement chiffré.

Local global

Une belle victoire en tout cas pour la Sodexo, qui après avoir subi quelques avanies ces dernières semaines, notamment aux Etats-Unis, avait besoin d’envoyer quelques messages positifs à ses actionnaires. Comme gagner un des plus gros contrats d’Europe de restauration collective, par exemple… Surtout, à Marseille, la ville où est né Pierre Bellon et où il a crée son entreprise il y a 45 ans, en faisant aujourd’hui une multinationale de 15 milliards de chiffre d’affaires et de 800 000 employés, dont malheureusement le siège social n’est plus depuis longtemps dans la deuxième ville de France.

Ce qui ne l’empêche pas d’être très actif dans la vie marseillaise. Il a été longtemps administrateur de la CMA CGM, sa famille a créé la fondation Regards de Provence, qui vient d’annoncer la création d’un musée sur le J4 pour 2013, en rachetant l’ancienne station sanitaire « Pouillon ». Jean-Louis Tourret, l’adjoint aux finances de Gaudin est d’ailleurs le beau-frère de Bellon. On espère au passage qu’il ne prendra pas part au vote de lundi et que ce n’est pas lui non plus qui signera le contrat à 140 millions d’euros. Ce qui ne devrait pas de toute façon empêcher les concurrents malheureux de réagir. Selon nos informations, des avocats seraient déjà au travail. Mais des avocats bios, et cultivés à Cuges.

Article actualisé le 18 mai pour intégrer l’astuce du mode de calcul des 30% par rapport au nombre de « composantes » et non au volume ou au montant

Un lien La wikibio de Pierre Bellon

Par Pierre BOUCAUD, le 10 mai 2011

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Vos commentaires

14 commentaires
sur "La Sodexo avale pour 7 ans le marché des cantines marseillaises"

CGT SODEXO, 24 mai 2011 à 08:44 min

bonjour
un petit rappel sur cette entreprise multinationale , tout d abord il faut savoir qu 'elle a repris des salaries d' Avenance et qu'ils se retrouvent avec des problèmes de tous genres. Il faut aussi indiquer que la capacité de la cuisine centrale à Pont de Vivaux, si elle est effectivement en capacité de produire 47000 repas, à contrario, elle n'a pas la capacité de stockage et des problèmes d'ordre d'hygiène, de toute évidence, apparaîtront. Il faut rajouter que ce site n'aura pas la possibIlité d'accueillir autant de personnes. S'agissant de la direction elle promet une organisation de travail qui à mon sens, apparait des plus chaotique.

druide67, 15 mai 2011 à 10:41 min

L'empire de la malbouffe a encore de beau jour devant lui.
C'est exaspérant!

poalagratter13, 13 mai 2011 à 18:22 min

pour compléter vos infos
http://cantinemarseille.canalblog.com

ma cantine bio, 13 mai 2011 à 15:01 min

Bonjour,
Cela ne me choque pas que les 30% de produits bio prévus au contrat portent sur des composantes, et notamment sur le pain et les fruits/légumes. C'est même la façon la plus sensée d'introduire des produits bio dans les menus. Si vraiment les approvisionnements sont locaux alors le marché du pain bio dans les cantines de Marseille représenteront un formidable débouché pour les producteurs de céréales et les maraîchers de la région.
Maintenant la ville va devoir s'assurer, qu'au delà de l'effet d'annonce, Sodexo délivre bien dans les assiettes ce qu'elle a promis. Le fait qu'il n'y ait plus qu'un fournisseur devrait faciliter la tâche de contrôle des autorités marseillaises.
Mais surtout c'est aux citoyens de s'assurer que les élus font bien leur travail de contrôle.
Le combat en faveur de la qualité et du bio à la cantine ne fait que commencer.
Pour en savoir plus:
http://macantinebio.wordpress.com/

yvettedu13, 12 mai 2011 à 23:07 min

7ans de dsp à la même société?! Avec si peu de précisions quant à la démarche bio. Cela est irresponsable et manque foncièrement d'ambition pour nos enfants.
Quelles sont les cadres de contrôle? Les parents d'élèves et le corps enseignant sont ils concertés? Pour un marché aussi important en termes financiers, je trouve que Gaudin fait dans le bricolage. Il est vraiment d'une autre époque, qui est périmée.....

syz yann, 11 mai 2011 à 17:27 min

Pour que celà aille dans le bon sens, il faut que la ville garde en interne la maitrise de l'outil cuisine et les compétences qui vont avec.
C'est le seul moyen de faire en sorte que la démarche bio ne soit pas cosméthique, mais ancré sur un territoire local, en faisant travailler ensemble le service dédié et ceux qui suivent la question agricole pour la communeauté urbaine (s'i...l yen a ce qui est souhaitable). Sans quoi les 30% de bio affichés n'ont pas d'effet de levier économique sur la pratique agricole locale. Dans ma ville, on est à 26% en bio (certes seulement 60000habitants, en régie direct, l'essentiel en local ou régional, dans le cadre de marché publics. Donc c'est possible,voir sur ce lien de la page 16 à la page 20 : http://www.lorient.fr/uploads/tx_gsgestiondoc/LM247_nov2010.pdf
Yann Syz
adjoint au maire sur cette question à Lorient

liseron duveteux, 11 mai 2011 à 15:33 min

Pierre ,effectivement j'ai mal interprété,je pensais qu'en disant que le siège n'était plus dans la 2me ville de France,il était à l'étranger,et donc vous regrettiez les impôts qui vont avec.
Une telle entreprise sur Marseille serait une belle vitrine.
Mais pour revenir à Pierre Bellon,la restauration collective ne doit pas être quelque chose de facile.
Bâtir un empire comme il a fait sur ce genre d'activité,me laisse admiratif.
Je suis d'accord avec vous concernant,un monopole ainsi créé,et des craintes qui peuvent en découler.
On en revient toujours à la même chose,quelle confiance peut-on accorder à nos élus,au regard des sommes annoncées.
Sincèrement aucune.
On peut dire d'une eau de rivière qu'elle est transparente...
Dites moi Pierre,il faut contacter notre ami Ricou,pour un restaurant.
A bientôt.

liseron duveteux, 11 mai 2011 à 13:21 min

Si ça ce n'est pas une "succès story"...
Pierre,on peut-être chagriné que le siège social ne soit pas en France,mais quand même on parle de140 millions d'euros de chiffre d'affaire,vous imaginez les salaires et charges sociales qu'un tel contrat représente.
Les sous traitants qui vont avoir leurs parts de ce gâteau.
C'est qui est sûr ,une telle affaire ,confiée aux collectivités, côuterait beaucoup plus cher,et nous n'aurions pas du tout l'assurance que les enfants mangeraient mieux.
Je ne parle même pas des difficultés que l'on connait si bien dans ce milieu.

Pierre BOUCAUD, 11 mai 2011 à 14:32 min

Cher Liseron Duveteux,
Le siège de la Sodexo est en France, mais pas à Marseille, où nous manquons cruellement de grandes entreprises. Je n'ai à priori rien non plus contre une dsp sur ce type de marché. Je regrette une fois de plus le manque
de transparence sur un marché de 140 millions d'euros d'argent public et je ne trouve pas juste de créer ce monopole.

leravi, 11 mai 2011 à 08:17 min

Salut Pierre,
sur la fin de ton article sur la fondation regards de Provence, tu aurais pu cité tes sources. En l'occurrence un article paru dans le Ravi de mai et repris ce mois-ci par Ventilo.

le Ravi

Pierre BOUCAUD, 11 mai 2011 à 16:28 min

Salut le Ravi,
Je n'ai pas l'habitude de ne pas citer mes sources, surtout quand il s'agit du Ravi. Mais en l'occurrence, je n'ai pas appris à la lecture de cet excellent mensuel que La Fondation Regards de Provence appartenait à la famille Bellon. C'est une info du domaine public comme on dit...

Ric, 10 mai 2011 à 21:32 min

je croyais que les marchés publics ne dépassaient pas 4 ans.

mais j'aime bien la contradiction avec l'argumentaire de couper la ville en 3 pour les poubelles !!
c'est comme ça les arrange.

Pierre BOUCAUD, 11 mai 2011 à 06:42 min

Cher Ric,
La forme juridique étant une dsp ( délégation de service publique) elle peut durer 7 ans. Mais vous avez raison, ce choix n'a jamais vraiment été discuté non plus.

jaimemarsactu, 10 mai 2011 à 20:40 min

La sodexo détient notre cantine au boulot: les produits ne sont pas de bonne qualité, le personnel est mal-traité par la hierarchie sodexo.
Les tarifs des plats et des repas restent plus chers et ne sont ni bio, ni locaux, ni équilibrés.
c'est la sod'escroc oui!!!

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