"Maîtrise publique". L'expression est tirée d'un communiqué du président de Marseille Provence Métropole (MPM) Eugène Caselli, qui annonce ce jeudi la finalisation du rachat du site de Fralib à Gémenos, que son actionnaire Unilever souhaite fermer depuis septembre 2010. Elle résume bien la nouvelle situation du dossier : la communauté urbaine, qui avait fait valoir son droit de préemption, est désormais propriétaire du terrain et des bâtiments, moyennant 5,3 millions d'euros. Objectif, explique à Marsactu le président socialiste : "que le gouvernement garde la main sur les négociations avec les potentiels repreneurs", sans risque que le terrain filent dans d'autres mains, pour d'autres destinations. "C'est une zone importante de la communauté urbaine, fiscalement rentable, on veut que ce site soit pérennisé", ajoute-t-il.
Au point de mettre sur la table 5,3 millions d'euros, soit un million de plus que ce que MPM souhaitait initialement débourser ? "On s'est rangé au prix des Domaines (un service du ministère des Finances chargé de l'évaluation des biens immobiliers, ndlr)", admet-il, car il aurait été "trop long" d'attendre la décision du juge des expropriations, saisi par la collectivité. "Unilever était en position de force pour faire libérer le site (occupé par les salariés, ndlr), pour lequel l'ordonnance d'expulsion court quand même depuis juin..." De toute manière, en cas de reprise, le tout sera revendu ou loué "ce qui compensera la dépense sur le long terme", argue-t-il. Et quelle que soit l'issue du dossier, "on n'est pas perdant en préemptant un terrain aussi attractif".
Unilever cède les machines mais pas la marque
Cette maîtrise du terrain fait en tout cas sauter un des arguments de la multinationale - son absence de propriété d'un site dont le contrat de location se terminait en septembre 2012 - pour affirmer que "le projet de reprise des salariés n'est pas viable". Dans son giron, et à destination d'un projet de poursuite d'activité, MPM compte également les machines qu'Unilever lui a cédé, comme elle s'y était engagée, à l'euro symbolique. Un outil industriel que la collectivité peut mettre à disposition de tout projet - sur le site de Fralib et même sur le territoire de MPM - sauf au profit des trois poids lourds concurrents d'Unilever dans ce secteur. "C'est un grand pas en avant, même s'il ne faut pas imaginer que c'est gagner. On ne débouche pas le champagne, comme me le demandait une de vos confrères", réagit Olivier Leberquier, délégué CGT.
Dans un communiqué, les syndicats CGT et CFE-CGC de Fralib, notent avec satisfaction qu'Eugène Caselli "affirme que cette acquisition publique permettra « en premier lieu à l’Etat, de convaincre Unilever de venir à la table des négociations»". Un élément reste en effet encore et toujours très, très privé : la marque Eléphant. Celle-ci "restera propriété du groupe Unilever", a tenu à rappeler le PDG d'Unilever France Bruno Witvoet. Autre point sur lequel la multinationale, qui n'a nullement envie de rester liée à Gémenos, reste ferme : il "n’y aura pas de sous-traitance de ses volumes de production".
Pression attendue de l'Etat
Ce qui "éloigne la possibilité d'une Scop", commente Eugène Caselli. Pour qui la situation permet toutefois à l'Etat d'"examiner avec sérieux l’ensemble des projets alternatifs à la fermeture de l’usine". Dans son communiqué, Bruno Witvoet, parle plutôt de "reconversion" du site, via la piste des chips de Sibell qu'il défend toujours. Et insiste surtout sur la "revitalisation" : quelques millions injectés dans l'économie locale pour créer des emplois, comme l'avait fait Nestlé - avec des conséquences assez floue - en cédant pas loin de là le site aujourd'hui reparti de NetCacao.
Pas sûr toutefois que la reprise très pince-sans-rire par le PDG d'une usine en voie de fermeture du "redressement productif" cher à Arnaud Montebourg suffise à créer des atomes crochus entre eux... "Le gouvernement doit peser de tout son poids. Il possède les moyens pour permettre au processus de table ronde de prendre une nouvelle dimension de réelles négociations associant les salariés, les pouvoirs publics, les collectivités territoriales, les partenaires et le groupe Unilever", demandent les syndicats.
Pour Olivier Leberquier, "des éléments concrets vont s'imposer à Unilever", en particulier les procédures en cours menées par l'inspection du travail concernant le licenciement des salariés protégés et l'audience en appel sur l'annulation du troisième plan de sauvegarde de l'emploi. En cas d'issue favorable, "si on est tous réintégrés, Unilever ne pourra plus s'arc-bouter". Ce qui fait encore quelques points échappant à une totale "maîtrise publique".
>> Le communiqué d'Eugène Caselli :
>> Celui des syndicats :
Vos commentaires
7 commentaires
sur "Fralib : tout est à MPM ! (ou presque)"
Saint Just, 7 août 2012 à 09:22 min
MPM investisseur? Curieux.
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santamanza, 5 août 2012 à 18:24 min
Merci.
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santamanza, 4 août 2012 à 11:37 min
Quel dommage Marsactu, toujours la vérifications des spams ? décidement vous aussi appliquez le changement , je vous avez posé la question il y a qq temps, juste aprés le 6 mai DECEPTION
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Julien VINZENT, 6 août 2012 à 09:42 min
Bonjour,
désolé si votre commentaire est passé en spam, dans ce cas le WE comme on est souvent à la pêche il faut plus de temps pour le publier. N'y voyez, je vous prie, aucun signe de "changement" (si je saisit bien ce que vous sous-entendez...).
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santamanza, 7 août 2012 à 18:22 min
vous saississez bien, parce que les médias ne sont plus "lisible" trop partial beurk ! alors merci
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santamanza, 4 août 2012 à 11:33 min
Ah pour une situation nouvelle, c'est une situation nouvelle, comme dit le communiqué de MPM ! un précédent peut-être !
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La Vigie, 4 août 2012 à 09:37 min
Il ne reste plus à MONTEBOURG qui a dit : " Je vais résoudre les problèmes par la volonté et le verbe" d'agir...
Paroles d'avocat mais est-ce suffisant pour redresser des entreprise ? J'en doute !
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