Le fait est assez rare sur Marseille, où tous les parkings sont gérés par le privé, pour être signalé : 62 places gratuites ont été inaugurées cette semaine à Malmousque. Ce nouveau parking dit des Douanes appartenait jusqu'alors au centre des permissionnaires de la Légion étrangère, donc à l'armée. Celle-ci l'a cédé gratuitement à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM), qui a la compétence pour les parkings en enclos et en ouvrage. Une cession obtenue après plus de quatre années de discussions avec le ministère de la Défense et l'intercession d'un général en charge des biens de l'armée qui a débloqué la situation.
Et encore, contre la restitution des 15 places du parking adjacent du Génie. Soit la création nette de 47 places seulement, mais qui représentent néanmoins un bol d'air pour des riverains confrontés à un manque chronique de stationnement. Quand on connaît l'étroitesse des rues du quartier, la pénurie de places de parking ne peut être qu'évidente.
Un combat de près de trente ans
A l'origine du projet : le comité d'intérêt de quartier (CIQ) Endoume-Corniche-Malmousque-Maldormé. Son ancienne présidente, Claude Grillet-Berthelot s'est battu dès l'ère Deffere pour la création d'un tel parking. Avec l'appui initial de l'ancien maire du 1/7 Jean Roatta (UMP), et depuis 2008 du soutien de l'actuel maire socialiste du secteur Patrick Mennucci, il aura fallu en tout plus de vingt ans pour que le projet voit le jour. Résultat : MPM a dégagé un budget de 180 000 euros pour la réfection de murs de soutènement, du macadam et le traçage des emplacements. Un investissement a minima pour ce parking gratuit en accès libre qui a quelques détracteurs parmi les riverains. Ils craignent de ne pas pouvoir trouver de place dans un quartier qui a tendance à "devenir une station balnéaire tout au long de l'année", de l'aveu même de Louis Salles, actuel président du CIQ Endoume-Corniche-Malmousque-Maldormé qui a repris le combat depuis son élection à la tête du comité en 2001.
Avec le risque de voir affluer des voitures en plus grand nombre. Une affirmation que réfute Gérard Chénoz, vice-président de MPM notamment du stationnement et conseiller d'arrondissement UMP à la mairie du 1/7. Pour lui, "peu de gens viennent en voiture se baigner à Malmousque". Il concède cependant que MPM pourra étudier la possibilité de rendre le parking payant si une majorité de riverains en formule la demande afin de favoriser le stationnement résident.
Chasser l'automobile du centre
Ces 47 places gratuites nouvellement créées à Malmousque sont une goutte d'eau parmi les 17 000 places de parking que gère MPM sur la totalité de la métropole et les 18 387 places payantes dans les rues que compte la ville de Marseille. Qui plus est dans un secteur où la population est la mieux pourvue en automobile : 77% des ménages disposant d'au moins une voiture et 21% de deux voitures ou plus. Louis Salles met cela sur le compte d'un changement sociologique : "Ma famille est installée à Malmousque depuis sept générations. A l'origine la population était ouvrière. Mais on a vu la situation se détériorer avec l'augmentation de la bourgeoisie et l'apparition de familles qui possèdent deux voitures".
Si pour Marie-Françoise Palloix, élue communiste et vice-présidente de la commission « développement durable » de MPM, la gratuité de ce parking est une bonne chose - en permettant aux riverains de laisser leur voiture pour les transports en commun - elle tempère néanmoins ses propos. Elle considère que la création du parking de Malmousque est une politique de replâtrage de la part du président Eugène Caselli : "Il se retrouve à vouloir satisfaire tout le monde au coup par coup et au cas par cas. En favorisant la création un peu peu partout de parking en délégation de service public il va dans le même sens". Comprenez parkings payants.
Pas de gratuité pour les parking relais
Autant dire que pour l'élue il manque une vision à long terme : "Un des problèmes centraux à Marseille réside dans un plan de déplacement urbain axé sur le développement de tunnels qui agissent comme de véritables aspirateurs à voitures en les attirant sur le centre ville". La vice-présidente de la commission développement durable préférerait une politique de développement de parking relais en périphérie, seul moyen de favoriser les transport en commun et de désengorger le centre. La commission planche actuellement sur la possibilité d'augmenter de 5 000 places l'offre existante.
Mais de là à croire que les parking relais deviennent gratuits, justement comme celui de Malmousque, il y a un pas qui semble difficile à franchir. Gérard Chenoz est formel : "les parkings relais ne sauraient être gratuits car se sont des infrastructures qui ont un coût élevé et le système actuel paraît satisfaisant". Il faudra donc continuer à payer un abonnement RTM pour y accéder. Et Malmousque risque de rester un cas isolé dans la politique de stationnement mise en place par MPM.
Article actualisé le 08 août 2012, suite au courrier de madame Grillet-Berthelot, ancienne présidente du CIQ d'Endoume, qui tenait à rappeler son rôle dans le combat qui à présidé à la création du parking.
Vos commentaires
4 commentaires
sur "Un parking gratuit à Malmousque, pour une politique urbaine payante?"
Marseillais excédé, 18 août 2012 à 19:51 min
Merci M. CHENOZ de nous représenter tout ce qui est détestable dans la politique marseillaise actuelle Deux articles n'y suffiront pas....
- Signaler un abus
Vieux-Port, 18 août 2012 à 12:58 min
Encore un appel d'air pour la bagnole sur un secteur particulièrement engorgé. Débile, as usual...
- Signaler un abus
joliette13, 10 août 2012 à 16:17 min
Effectivement à quand une véritable politique d'un plan de déplacement urbain cohérent, la mise en place d'une voie strictement réservée aux bus sur la corniche, voire d'un tram ??
Et dire qu'en parallèle, on a rendu payant les places de stationnement du côté de Longchamp, Saint-Charles, Joliette. On voit le favoritisme !!
- Signaler un abus
ukhbar, 5 août 2012 à 15:28 min
Ce Gérard Chenoz a le don de représenter, en deux articles (celui-ci et celui sur les toilettes publiques), tout ce qui est détestable dans la représentation politique marseillaise actuelle.
- Signaler un abus