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Archi et urbanisme

Quand Marseille se rêve à horizon 2030

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Demain tout ira mieux tu verras… A ceux qui en viendraient à désespérer des errements urbanistiques passés (et quelquefois encore présents) de Marseille, le Schéma de cohérence territoriale (Scot) autour duquel la communauté urbaine a organisé une réunion publique tout la journée de lundi offre une perspective plus réjouissante.

La fin d’un “marathon”

Le Scot, c’est “un document opposable qui aura force de loi sur les documents de rang inférieur” – Plan local d’urbanisme (PLU), Programme local de l’habitat (PLH), Plan de déplacement urbain (PDU) ou encore Plan climat – a précisé d’emblée Jean-Marc Bonino, directeur de l’Aménagement du cadre de vie à Marseille Provence Métropole (MPM). Son président Eugène Caselli (PS) a tenté de vulgariser un peu la portée de cet outil de planification à horizon 2030 : “sous des appellations techniques qui peuvent paraître rébarbatives, ce dont il est question, c’est bien de l’avenir du cadre et des conditions de vie des habitants de notre territoire”.

“C’est un marathon que l’on a commencé à courir en 2004, avec une accélération depuis 2009″, a rappelé Jean-Marc Bonino. Après une première phase de diagnostic, services et élus ont inscrit les grandes lignes de leur vision de MPM en 2030 dans le Projet d’aménagement et développement durable (PADD). “Aujourd’hui, c’est l’ultime étape avec la préparation du document d’orientations générales” (DOG, qui au pays des sigles fixe lui les règles).  Soumis au vote des conseillers le 9 décembre, puis transmis aux personnes publiques associées (communes, préfecture, associations etc.) il fera ensuite l’objet d’une enquête publique pour une approbation prévue mi-2012.

Pas touche au vert

Nous voilà donc à quelques mois d’acter la vision du développement de Marseille et ses environs dans les 20 ans à venir. Qui est ? “Le Scot propose de ne plus toucher à l’espace naturel et agricole pour le développement. C’est un message fort”, a insisté Jean-Marc Bonino. Côté nature, il faudra “maintenir l’intégrité des grands espaces et les liaisons entre ceux-ci”, a résumé Jérôme Orgeas, maire UMP de Roquefort-la-Bédoule. Côté agriculture, le maire socialiste de Gignac-la-Nerthe Christian Amiraty a livré un vibrant plaidoyer sur “notre énorme responsabilité de sauver les dernières parcelles agricoles, qui ne représentent plus que 3% de MPM” car “quand une fois qu’il y a eu construction, c’est fini”.

Finie donc, si l’on en croit le Scot, l’artificialisation des sols, “et pourtant nous avons une obligation de développement, il faudra bien construire pour loger 80 000 personnes”, l’un des 3×80 (avec les emplois et les nouveaux habitants) des objectifs du document, a souligné Jean-Marc Bonino. Ce qui “ne se fera que sur la tâche urbaine actuelle” et qui suppose “de la pédagogie pour que l’on accepte de densifier la ville”.

Hiérarchiser le développement

Concrètement, le Scot liste et hiérarchise les “centralités”, où le développement devra se concentrer. Au premier rang de ces pôles : l’hypercentre, Euroméditerranée, Saint-Antoine – Grand Littoral, Capelette-Prado Michelet et Valentine-Barasse en ce qui concerne Marseille ainsi que Marignane et La Ciotat. Dans l’idéal bien desservies et reliées entre elles par des transports en commun, ces zones accueilleraient les équipements d’envergure métropolitaine.

Niveau transports d’ailleurs, le plan trace des lignes à tout va, dessinant un réseau qui a de quoi faire saliver. Mais “on ne parle pas à ce stade de métro, tram ou bus à haut niveau de service”, a précisé Laurence Hemerit, directrice des transports de MPM. Ce sera le rôle du PDU et ses différents schémas directeurs (TCSP, modes doux, accessibilité) de mettre en musique cela de manière opérationnelle. Dans son discours de clôture, Eugène Caselli a cependant milité pour “la réalisation d’une liaison directe, performante et en site propre entre le centre de Marseille, l’aéroport et la gare TGV d’Aix. De même une voie ferrée rapide entre les ports de Marseille et Fos doit voir le jour.”

“On aurait besoin de 3 ou 4 Euroméditerranée”

A l’intérieur des grands pôles, mais aussi en parallèle le long de ces corridors de transports, des pôles de moindre ampleur où l’urbanisation plus intense sera favorisée et où l’on cherchera la “mixité des fonctions” (logements, commerces, loisirs, bureaux). Cette démarche, “on a les moyens d’ingénierie et financier pour la mener sur Euroméditerranée, mais on aurait besoin de trois ou quatre Euroméditerranée”, a reconnu le technicien.

Une référence aux “territoires de projets” définis dans le Scot, où une action de ce type serait la bienvenue : la façade maritime nord de Marseille, un arc dit Anru allant de Frais Vallon à Saint-Antoine, la Vallée de l’Huveaune, le tracé du Boulevard Urbain Sud (Pointe-Rouge à Saint-Loup) et la Plaine de Châteauneuf-les-Martigues). Au-delà, c’est l’idée de privilégier un “urbanisme de projet qui ne représente que 10% de notre développement contre 30% dans la plupart des grandes villes françaises”, a glissé Jacques Boulesteix, président du conseil de développement de MPM.

Vous êtes interpellé par le décalage entre le Scot 2030 et le Marseille de 2011, sceptique sur la transcription dans la réalité de ces intentions, sur leur financement, sur les limites du territoire étudié ? C’est à lire dans cet autre article de Marsactu.

Par Julien VINZENT, le 22 novembre 2011

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Vos commentaires

6 commentaires
sur "Quand Marseille se rêve à horizon 2030"

fanny, 23 novembre 2011 à 10:43 min

tellement dommage qu'on n'ai pas reussi a respecter l'échéance 2013...

Chris, 23 novembre 2011 à 16:20 min

C'est en effet une question emblématique :

Les institutions et élus Marseillais n'ont RIEN compris au concept de cet évènement. Ils y ont vu une source de gabegie et détournement de fonds classiques, alors que le principe de cette notion de "capitale" ce n'est pas de se faire rincer, publicité à l'oeil etc, ça n'a rien à voir : la dynamique doit venir de la ville, et c'est elle qui doit briller, pas question de simplement se faire braquer des spots dessus...Les imbéciles...

Ceux qui avaient compris cela, et parfaitement anticipé comment cela allait virer, se sont soit prudemment désistés (Toulon) soit intelligemment préparés (Aix)...

fanny, 27 novembre 2011 à 16:48 min

C'est triste de ne pas avoir su tirer avantage du formidable exemple de Lille... Je suis jeune diplomée dans le domaine de la culture et actuellement volontaire au sein d'une association en Italie...je prefère rester volontaire ici, que revenir dans ma ville natale pour un tel évenement...fort triste...

Chris, 27 novembre 2011 à 17:29 min

Encore une fois vous prenez les termes exacts et circonstanciés : "tirer avantage".
Marseille va être la risée de l'évènement, le OFF et les communes adjointes vont se régaler...
En fait tout est en ordre : la démonstration jusqu'à l'absurde.
(Je propose en détail une belle illumination des canons de Vauban, avec laser qui pointeraient de leur gueule, histoire de bien souligner que c'est la ville qu'ils visent, pas le large...).

Chris, 22 novembre 2011 à 21:10 min

Vous connaissez Johannesburg ? Non ? Ben allez-y, vous aurez une idée du futur de Marseille.

Je prédis un boom économique sur la sécurité privée, avec ceux qui auront un travail et donc les moyens de faire emmener les gosses en voiture blindée à l'école, pour qu'ils ne se fassent pas enlever, et ceux qui dans les favelas feront Loi de leurs nécessités quotidiennes.

Quoi ? Je délire ? Pourtant on commence à enlever des buralistes et des cadres (un de la CGA-CGM, me semble-t-il me souvenir...). Mais cchhuutt, les arracheurs de colliers cachent si bien la forêt...

Lilib, 22 novembre 2011 à 20:33 min

P'tard, au beau milieu des années 70, les spécialistes et autre expert s'imaginaient sérieusement qu'il y aurait deux millions d'habitants à Marseille en l'an 2000 ! Résultat, dans les années 80, près de 300 000 jeunes Marseillais sont partis voir ailleurs si l'herbe était plus verte. J'ai voté Je m'en fous.

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