« On se dirige vers des trucs pas sympas pour les automobilistes », disait ce matin au micro de France Inter un responsable syndical de chez Total. Suite à une menace de fermeture d’une raffinerie à Dunkerque, les 6 raffineries en France du pétrolier Total sont fermées, les salariés étant en grève illimitée depuis 48 h, par solidarité avec leurs collègues du nord de la France. Dans les Bouches-du-Rhône, la raffinerie Total de la Mède est elle aussi à l’arrêt. Comme souvent dans ces conflits, on a du mal à savoir s’il y a un vrai risque de pénurie à la pompe pour les automobilistes. Les syndicats dramatisent, ils sont dans leur rôle, et la direction de Total calme le jeu. En tout cas pour l’instant aucune station essence du département n’est fermée et il n’y a aucune panique chez les automobilistes. Sans doute pas grand chose à craindre, sauf si la crise devait durer plusieurs semaines. Mais on en est pas là. On imagine mal le gouvernement, à l’approche des régionales, se payer ce genre de conflit, toujours très impopulaire. On va sûrement demander très vite au patron de Total de remettre à un peu plus tard ses projets.
Si ces emplois sont sauvés à court terme, tous les économistes le savent, les raffineries en France sont toutes menacées. Et cela risque d’être dramatique pour notre économie régionale. La pétro-chimie, depuis 30 ans est la première pourvoyeuse d’emplois et de taxe professionnelle dans le département. Si elle a défiguré les paysages, elle a en revanche rempli les poches des communes autour l’Etang de Berre et du département. Mais c’est bientôt fini, et la réalité va bientôt nous rattraper : on arrive dans une société qui consommera de moins en moins de pétrole. Energie solaire, électrique, taxe carbone, environnement… la consommation d’essence baisse partout en Europe, nos raffineries sont donc à terme condamnées. La sidérurgie, les activités portuaires, doivent faire face aussi à de graves difficultés. Et tout ça aura bien évidemment un impact sur l’économie marseillaise. On aimerait entendre nos décideurs politiques et économiques sur ces sujets, et savoir par quoi cette économie régionale, presque totalement ( sans mauvais jeu de mots) liée au pétrole sera remplacée ? Il en va de l’avenir de nos enfants.
Réactualisation 11:17 : la grève pourrait faire tache d’huile avec l’appel à la grève dans la raffinerie d’Exxon Mobil à Fos-sur-mer sur lemonde.fr
Les salariés de Total votent la grève illimitée sur Yahoo actualités















[...] pas vous plaindre si on plie bagage comme à Dunkerque… Justement, où en est-on de la réflexion sur la place du pétrole dans l’économie locale ?Même discours du côté de l’Union Maritime et Fluviale Marseille-Fos (UMFMF), qui a pondu un [...]
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[Marsinfos] Les hasards du calendrier social font que 3 conflits majeurs pourraient bien dans quelques heures compliquer la vie des marseillais, et faire tourner au ralenti l’économie locale, qui n’en demandait pas temps. Sur le front des…
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L’étang de Berre était un joyau environnemental avant d’être sacrifié sur l’autel de l’industrie…
Je suis d’accord avec Meredith… mais la pollution doit être énorme dans le secteur.
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…faut différencier celle de l’air et celle de l’eau :
L’air est tellement vicié de sulfures et autres joyeusetés qui se précipitent en acide dès que possible que le pourtour de l’étang bat tous les records d’asthme induit chez les enfants;
Mais si l’étang est ce qu’il est ce n’est pas du au pétroraffinage en lui-même, mais à l’usine terminale du canal EDF qui, en détournant la Durance du Rhône à Berre, en a fait une zone morte…
Fermer les usines ne fera pas revivre le biotope de l’étang,alors les emplois…Aller se baigner dans la vase, bof…. Par contre ça sauvera quelques dizaines de milliers de vie.
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Les études sur ce sujet (on en cause depuis 20 ans) sont formelles. La requalification de la région de l’étang de berre en zone touristique pourrait générer à terme plus d’emplois que l’industrie chimico-pétrolière, et plus de revenus pour notre région (les marges des pétroliers, elles, ne restent pas dans les BdR). Sans compter que ça permettrai aussi de valiriser le patrimoine, agricole notamment qui est aussi riche dans la zone mais dont l’image souffre de sa proximité avec les cheminées.
Sauf que faut dépolluer, les esprits d’abord, et lancer plein de trucs compliqués et ambitieux comme des programmes de reconversion, du nettoyage des sols, des investissements…
Les freins à tout ça sont d’abord dans les esprits, ensuite dans la tête de certains élus qui ont appris à ne plus compter leurs dépenses grace aux revenus des compagnies pétrolières (ah, Berre et ses 7 terrains de foot empelousés !).
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